Tunisie : vers la réforme de la loi 52 relative à la lutte contre les stupéfiants

Tunisie : vers  la réforme de la loi 52 relative à la lutte contre les stupéfiants

La Commission de la législation générale a tenu, jeudi, au siège du Parlement au Bardo, une séance d’audition consacrée à une proposition de loi visant à amender la loi n°52 de 1992 relative à la lutte contre les stupéfiants. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une recrudescence inquiétante de la consommation et du trafic de drogue.

Les auteurs du texte estiment que le cadre juridique actuel « n’est plus adapté » face à l’ampleur du phénomène, qui menace à la fois la santé publique et la sécurité nationale. Ils plaident pour une approche globale articulée autour de trois axes : répressif, thérapeutique et préventif, avec un renforcement des outils technologiques de lutte contre les réseaux et la criminalisation de nouvelles pratiques, notamment la manipulation d’échantillons biologiques destinés aux dépistages.

Les membres de la Commission ont salué l’initiative, soulignant la progression alarmante de l’addiction chez les jeunes et les mineurs. En moyenne, 34 personnes seraient impliquées chaque jour dans des affaires liées aux stupéfiants, un chiffre révélateur de l’ampleur du phénomène et de ses répercussions sur la criminalité.

Les débats ont toutefois fait apparaître des divergences. Certains députés estiment que l’allègement des peines pour consommation a favorisé la banalisation de l’usage et appellent à un durcissement du dispositif répressif. D’autres considèrent qu’une réponse strictement pénale ne suffira pas sans réformes plus larges touchant l’éducation, la lutte contre la contrebande et la corruption, ainsi que le démantèlement des réseaux transfrontaliers.

La proposition de loi comprend 40 articles, entre abrogation de dispositions anciennes et introduction de nouvelles incriminations. Elle prévoit globalement une hausse des amendes et un ajustement des peines d’emprisonnement selon la gravité des faits. Parmi les nouveautés figurent la sanction du refus de prélèvements biologiques ou l’introduction de stupéfiants dans des produits alimentaires, ainsi qu’un durcissement des peines lorsque les infractions sont commises dans des lieux publics.

Le dossier de la drogue revient ainsi au cœur du débat législatif, entre impératif sécuritaire et nécessité d’une approche plus équilibrée.

 

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