
En attendant l’annonce officielle des résultats définitifs, je continue de relever des commentaires saumâtres livrés par certains facebookers
n’ayant pas accepté les signes précurseurs de la victoire d’Ennahdha. Pire encore, ils s’activent à s’organiser pour tenter de dénoncer les résultats, sous prétexte d’infractions qui auraient été commises par certains candidats d’Ennahdha.
Visiblement nous n’avons pas encore bien saisi que la Tunisie populaire vient de crier haut et fort »Vous n’avez rien compris! ». En effet, au lieu de se pencher sur les vrais problèmes qui irritent les chômeurs, les jeunes et les démunis pour bien écouter les malheureux, comprendre leurs malaises, et communiquer constructivement avec leur électorat, les principaux partis dits modernistes ou progressistes se sont investis dans des débats d’idées sur des sujets secondaires : islamophobie, laïcité, parité, référendum, réconciliation, liberté spirituelle, liberté artistique, revue de l’identité arabo-musulmane, normalisation des relations avec Israël, etc…., et ce, en gaspillant temps et argents.
N’eut été la percée crédible du CPR et son bon résultat lors de ces élections, ainsi que de la surprenante émergence d’El3aridha, le mouvement Ennahdha aurait raflé la majorité des sièges de l’Assemblée Nationale Constituante.
J’ai comme l’impression que les Médias et les Partis Modernistes ont aidé Ennahdha à créer la surprise. Les premiers ont sous-estimé leur organisation sur le terrain et leur esprit de solidarité. Les seconds se sont contentés de la Diaboliser sans apporter des solutions alternatives au déficit de valeurs morales dans le pays.
Dorénavant, aucune personne ne peut s’exprimer ou revendiquer ou soutenir »au nom du Peuple ». Les modernistes ne peuvent plus préconiser que les fondamentalistes et les laïques sont majoritaires.
De même, les conservateurs ne peuvent plus dire que les Nahdhaouis sont majoritaires. Et, enfin, les indécis-frileux-cachotiers ne peuvent plus continuer à faire croire à l’existence d’une Majorité silencieuse. Visiblement, le paysage électoral n’est pas concentré comme on l’imaginait auparavant.
A mon avis, nous ne devrions pas dramatiser l’évènement démocratique ni continuer à diaboliser les Nahdhaouis. J’invite les Modernistes et Progressistes à prendre du recul et à analyser tranquillement les résultats du scrutin pour en tirer de précieux enseignements sur la situation sociale du pays.
A présent, nous gagnerions à cesser de continuer de discuter de sujets secondaires et à prêter plus d’attention aux soucis préoccupant l’écrasante majorité de la population, qui a voté massivement pour les courants conservateurs.
Depuis plusieurs mois, Ennahdha + CPR + Ettakatol appelaient à la formation d’un Gouvernement d’Unité Nationale ; alors que PDP + PDM et leurs partenaires militaient en faveur de l’éclosion d’une coalition susceptible de gouverner seule. Finalement, je me réjouis que les premiers aient remporté la majorité des voix, ce qui ne va pas priver le pays d’une gouvernance consensuelle dans cette phase ô combien délicate, de refonte du Destour.
Il est grand temps que nos forces politiques ressoudent leurs rangs, recouvrent leur patriotisme d’antan, et se mettent autour d’une table pour diagnostiquer en profondeur les malaises de la Tunisie, en vue de repenser une stratégie corrective efficace dans l’immédiat, d’une part, et de mettre en œuvre un plan de développement intégral, garantissant une relance économique ainsi qu’une justice sociale, et répondant aux attentes de nos jeunes, d’autre part.
La convergence vers une Gouvernement de Consensus favorisera l’analyse objective des success stories de certains pays ayant réussi leur prospérité économique et leur épanouissement social dans un environnement démocrate. Une attention particulière gagnerait à être accordée à deux pays musulmans, dont les modèles ont été conçus de l’intérieur et ont favorisé une rapide sortie de crise, une renaissance sociale, ainsi qu’une reconstruction saine et viable de leur économie. Il s’agit bien sûr de la Malaisie et de la Turquie:
1°) Malaisie: ni capitalisme ni communisme, mais pragmatisme (Mohamed Mahathir)
– La Malaisie, frappée par la tornade financière en 1998, s’en est sortie plus vite que les autres victimes du SEA en refusant la main tendue du FMI.
– Elle a préféré des mesures infidèles: la maîtrise ‘‘Commerce extérieur + Mouvement Capitaux’’ ….
2°) Turquie: développement de la production à l’exportation + prospection de nouveaux marchés
– La Turquie a été l’un des plus gros emprunteurs du FMI : 25 Milliards US$ courant 2000-2010.
– En redressant les activités exportatrices et en optimisant la gestion de ses dettes, elle emprunte mieux que l’Espagne, et s’apprête à liquider la plus grande partie de son Endettement Extérieur dès 2013.
Cette orientation est d’autant plus salutaire qu’elle évitera au pays une gouvernance autocratique, qui risquerait de nous conduire vers l’iranisation de la Tunisie.
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