
Les cas de violence politique sont toujours aussi fréquents et se banalisent. Les incidents déplorables de Sidi Bouzid à l’encontre des deux Présidents et les scènes de barbarie qui ont émaillé le meeting de Nidaa Tounes en sont la parfaite illustration de cette contagion qui met la paix du pays en péril et balise le basculement inexorable vers une guerre civile sanguinaire.
La marginalisation de cette violence physique et l’impunité totale de ses auteurs sont le témoin de cette métamorphose des valeurs qui s’opère sous nos yeux.
Les auteurs de violence ne craignent pas de légitimer leur acte comme moyen d’expression et les commanditaires de la même violence, au lieu de la condamner, lui trouvent justification et excuses.
Ainsi nous avons été surpris du silence complice des Partis d’opposition après les incidents de Sidi Bouzid , qui pour justifier la violence et le bafouage de l’autorité de l’Etat, nous ont sorti le désarroi et la misère de la population locale.
Le même silence complice a accompagné l’agression des meetings des partis d’opposition et le gouvernement, seul garant des libertés publiques, en feignant de justifier une telle violence, se discrédite et bafoue par son impunité sa propre autorité et sa légitimité.
Cette violence pratiquée par des minorités, toléré par les commanditaires, justifiée par les bénéficiaires, décriée par les victimes, est condamnable par tous les Tunisiens car elle n’est pas seulement destructrice; elle est désorganisatrice, bafouant de plein fouet l’Autorité de l’Etat seul dépositaire de la Force Publique et ouvrant la voix à une anarchie totale.
L’éloge et la pratique de la violence, mise au service d’une cause fût elle juste, devient ainsi l’exhibition d’une puissance physique pour masquer et gommer une faiblesse et une impuissance politiques à régler des problèmes sociaux et à mobiliser ses troupes par les idées et les idéaux.
La violence politique, physique et psychologique, n’est ni une affaire sans gravité, ni une affaire de partis mais bien plus ; c’est une affaire de paix civile et de coexistence pacifique entre adversaires opposés certes en politique mais unis sous la même bannière : La Tunisie.
Le triomphe du 14 Janvier 2011 et les élections du 23 Octobre de la même année devaient instaurer les valeurs de la démocratie pluraliste et les Autorités qui en découlaient, ANC, Gouvernement, Présidence ont l’Obligation et le Devoir de bannir le recours à la violence physique et psychologique comme moyen de contestation ou de revendication.
Pour un pays qui se veut exemplaire, un gouvernement qui se veut démocratique, une opposition qui se veut responsable, un peuple qui se veut civilisé, la seule arme reconnue pour exprimer son mécontentement ou son adhésion est celle du bulletin de vote. Elle l’emportera sur toutes les autres.
Jalel Jeddi
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