
Le 23 Octobre 2013 les Tunisiens commémoreront les premières élections « libres », mais pour beaucoup d’entre eux cet anniversaire est l’expression de sentiments contradictoires. Un mélange de chagrin, de répugnance et de dégout qui envahit les millions de Tunisiens qui se sentiront si tristes en ce jour si merveilleux.
Pas facile de fêter un anniversaire et d’exprimer sa joie quand la flambée des prix atteint des records, quand la violence se généralise, le clientélisme perdure et le terrorisme s’installe dans le pays. Avant le 14 Janvier 2011, les Tunisiens n’étaient grand-chose, après le 23 Octobre 2011, ils ne sont devenus RIEN.
La logique prédatrice, qu’elle soit Rcdiste ou Islamiste s’exerce toujours de la même manière mais revêt d’habits différents. Nominations abusives, clientélisme, affairisme, appropriation des privilèges de la République, spoliation des richesses du pays, enracinement du Parti-Etat et déni et ingratitude notoire envers un peuple en souffrance.
Adossés à une légitimité électorale écorchée, les Islamistes usent de tous les stratagèmes pour se maintenir au pouvoir. Ainsi, ils ont commencé à anéantir l’unité nationale en systématisant l’étiquetage social en religieux, pieux, laïcs, modernistes et apostâtes et en créant les castes des « protégés » du Parti, qui en contre partie d’une impunité totale et de quelques mirettes, sévissent pour violenter, terroriser et menacer les laisser pour compte ou les opposants déclarés au régime divin.
La situation de la Tunisie depuis sa révolution orchestrée par l’Oncle Sam et relayée par l’ami Qatari pour déchoir les Rcdistes et introniser les Islamistes et la crise économique, politique et sécuritaire qui la ravagent depuis 3 années, démontrent que c’est le petit peuple qui subit les conséquences et paient la lourde facture de ce printemps arabe dessiné et voulu par Obama et Cie. Les Tunisiens sont coincés pour longtemps dans le piège de la « Fetna » et les tentatives de réécrire l’histoire et de gommer les acquis que la Tunisie a réalisé durant cinquante années depuis son indépendance ne font que creuser d’avantage le fossé qui sépare le pouvoir actuel du reste de la population. La Tunisie a besoin d’hommes et de femmes capables de réconcilier les Tunisiens avec leur histoire, de les rassurer avec leur présent et leur offrir des garanties de quiétude et de progrès pour leur avenir.
’anniversaire ne saurait être célébré par les fanfares et dans l’allégresse sans que les principes fondateurs d’une République moderne, libre et démocratique ne soient déclarés publiquement et solennellement et que la nouvelle classe politique ne fasse preuve de respect et de gratitude envers ce peuple.
Toute la classe politique a raté son rendez vous avec l’histoire. Le bilan de cette révolution est très nuancé. Salvateur pour des élus royalement rétribués pour parachever une Constitution au bout d’une année et qui se cachent derrière cette foutaise de légitimité pour s’éterniser au Bardo et profiter ainsi de cette rente royale. Bénéficiaire pour des prédateurs politiques qui, malgré les promesses électorales , n’ont pas éradiqué la misère, n’ont rien fait pour le développement durable et n’ont aucun plan de sauvetage pour sortir le pays de cette crise politique, économique et sécuritaire qui ronge le pays. Dévastateur pour le peuple qui se divise en castes, qui se paupérise, qui craint pour sa sécurité, qui se démobilise et qui maudit de plus en plus cette révolution tant attendue et tant rêvée.
Jalel JEDDI
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