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Un bras de fer tragique !

15 août 2013
in Chroniques
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Les jours et les semaines qui viennent s’annoncent particulièrement décisives et tendues en Tunisie entre les tentatives de médiation stériles, le dialogue national au point mort et  la suspension des travaux de l’ANC.

La tension est palpable entre une opposition qui entame sa campagne Erhal le 24 de ce mois et le parti Ennahda qui refuse de céder et s’accroche à la présidence du gouvernement comme un droit inaliénable découlant de sa victoire aux dernières élections.

Pour beaucoup de Tunisiens, la révolution a été  confisquée par la nouvelle caste politique, toutes tendances confondues, qui ont plus cherché à s’agripper au pouvoir pour les uns ou à y accéder pour les autres.

Feignant les vraies préoccupations du peuple, ils ont usé de machiavélisme pour endoctriner leurs troupes et leur apprendre la haine, l’intolérance et le refus de l’autre.

Pourtant il convient de rappeler une vérité absolue pour tous nos acteurs politiques : les représentants du peuple ont été élus pour un mandant d’une année et sur la base d’un programme et de promesses électorales tenant à l’emploi, aux conditions de vie, à la dignité et au développement régional.

Dix-huit mois après ce scrutin, les travaux de l’ANC s’éternisent , les rêves de dignité s’évaporent , la situation économique se dégrade , les Tunisiens se divisent et le pays est frappé par une vague de terrorisme sans précédent.

Menant la barque de la gouvernance, le bilan d’Ennahda et ses satellites le CPR et Ettakatol est catastrophique. Incapables de respecter leurs  promesses électorales et affichant une suffisance et une arrogance insolentes, ils ont abondé dans l’endoctrinement et le dénigrement d’une opposition rangée par ses démons de dispersion. Une opposition sans projet, en panne d’alternative et qui a pour seul programme la mobilisation  anti-Ennahda.

L’ampleur des défis auxquels le pays est confronté est énorme. Le terrorisme qui frappe nos valeureux soldats et policiers, la violence politique qui a coûté la vie à nos martyrs Belaid et Brahmi, le chômage qui augmente, la crise qui s’accentue, les prix qui flambent, les investisseurs qui boudent et l’anarchie qui s’installe.

La Tunisie ressemble à s y méprendre à un bateau qui coule et qu’aucun commandant  ne peut sauver seul. Toute la classe politique, islamistes, progressistes, socialistes, républicains , communistes doivent avoir l’honnêteté et le courage de s’adresser aux Tunisiens pour leur dire que le redressement du pays requiert l’apport de tous et que seulement ensemble on pourrait offrir à nos enfants une nation forte, prospère et unie.

Si la  rue ne peut pas  remplacer les urnes, le scrutin n’est pas aussi un chèque en blanc ou un mandat à vie. Au pouvoir  pour un temps déterminé, nos gouvernants ne peuvent pas justifier l’échec et la faillite  du système par la divinité et la légitimité. L’islam n’est pas le monopole du gouvernement et la piété n’est pas un gage de probité. L’opposition, si prompt à la dénonciation virulente, devra apporter sa contribution constructive et son programme alternatif  au lieu d’axer ses efforts  sur le dénigrement systématique. Elle n’a pas désormais le monopole du patriotisme et son interprétation élastique de la démocratie risque de se tourner contre elle comme l’effet boomerang.

L’indulgence et la patience des Tunisiens a atteint ses limites et Il est temps  pour que tous les acteurs politiques se réunissent à la table de dialogue de l’UGTT et accélérer la tenue d’élections libres qui permettraient de démontrer la vraie  représentativité et la vraie dimension des différents acteurs politiques.

Nonobstant les résultats des prochaines échéances, la certitude qui se dégage est qu’aucun  équipage  n’est capable de guider  le bateau seul, de redresser sa trajectoire et  de fédérer ses passagers pour le sauver du naufrage collectif.

Jalel JEDDI  

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