
Le projet de loi sur l’immunisation de la révolution qui vise à exclure des élections, les cadres du régime du président déchu, de Ben Ali de la vie politique pendant une période, sera soumis aux membres de l’Assemblée Nationale Constituante demain, vendredi 28 juin.
Selon une partie de l’opposition, le projet initié par le CPR et soutenu par Ennahdha, a pour objectif de neutraliser les adversaires politiques sérieux.
Lors de la conférence organisée par l’Alliance pour la Tunisie, hier mercredi 26 juin 2013, dans une salle, où ont afflué des politiciens, des économistes, des juristes, des membres de l’ANC, des représentants de la société civile et des journalistes, Béji Caïd Essebsi, président du mouvement Nidaa Tounes, a estimé que: « Priver un Tunisien d’exercer ses droits politiques revient à lui enlever la nationalité. C’est le but du projet de loi sur l’immunisation de la révolution qui sera soumis aux membres de la Constituante alors même que ceux qui proposent ce projet n’ont pas participé eux-mêmes à la révolution et que les jeunes qui se sont révoltés ne l’ont pas fait par souci identitaire, religieux (…). La révolution doit et ne peut être immunisée que par les enfants du pays et les jeunes qui l’ont faite…. »
Avant d’ajouter: « Ce projet de loi qui pourrait bien exclure 60.000 Tunisiens parce qu’ils traitaient ou travaillaient sous les ordres du gouvernement déchu. Les initiateurs du projet d’immunisation devraient également intégrer dans leurs listes les personnes qui se sont adonnées à des actes terroristes au début des années 90… »
Dans ce sillage, le président de Nidaa Tounes a expliqué que: « Ces gens-là ne sont ni conscients des priorités du pays ni de l’impact d’un tel projet sur la Tunisie alors même que nous devons tous nous unir pour faire face à de grandes difficultés socio-économiques et sécuritaires et offrir une image plus valorisante des dirigeants, lesquels aujourd’hui pêchent par leur immaturité et leur incompétence. »
Par ailleurs, il a indiqué qu’aucun parti ne peut désormais gouverner tout seul le pays dans sa situation actuelle, ni Ennahdha ni un autre parti avant d’ajouter que ceux qui veulent faire passer la loi sur l’exclusion sont dans une logique de règlements de compte.
Visant explicitement le mouvement Ennahdha, Essebssi a ajouté: « D’ailleurs, ce parti qui exerce le pouvoir depuis octobre 2011, s’est gratifié d’une année d’exercice supplémentaire alors qu’il illustre parfaitement la formule « Jorribat fa-fachalat » (il a essayé et a échoué).
Ceux qui ont proposé ce projet ne veulent pas qu’il y ait des élections dans le pays, et pour preuve, l’Instance indépendante pour l’organisation des élections n’a pas encore été mise en place. La Tunisie n’est pas née du néant, il y a des hommes et des femmes qui l’on construite. Nier leur rôle ou leur mérite dans l’édification de la Tunisie ne peut, aujourd’hui, que traduire la volonté des dirigeants en place de faire marcher le pays à reculons…
C’est ce que l’Alliance pour la Tunisie refuse. Nous avons déjà appelé à l’organisation d’un sit-in le 29 juin devant la Constituante pour exprimer notre refus catégorique d’une telle décision ».
De leur côté, Samir Taieb et Jounaidi Abdeljaouad d’Al Massar, Ahmed Néjib Chebbi d’Al Joumhouri, Abderrazek Hammami du parti du Travail Patriotique et Démocratique et Mohamed Kilani du parti socialiste ont estimé à leurs tours que ce projet de loi d’immunisation de la révolution a pour dessein de « gagner du temps, pour d’autres, c’est une loi d’exclusion et une atteinte à la liberté de choisir à travers les urnes. Ils étaient tous déterminés à user de tous les moyens pour barrer la route à un tel projet tout en étant unanimes pour fonder une société qui consacre les fondements d’une Tunisie démocratique.…
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