
Surpris par l’offrande du peuple pour retrouver aura, rayonnement et stature, les vieux vautours de la politique tunisienne ,affamés de pouvoir et d’autorité, n’éprouvant qu’ingratitude et méconnaissance envers ce peuple qui a payé de sa vie et de son sang pour déloger la dictature et les faire revenir au devant de la scène politique.
Revanchards, aigris, haineux, dotés d’un égo exacerbé et habités par une volonté dévastatrice et destructrice, ces vieux vautours de la politique toutes tendances confondues, sont entrain de trahir le testament de ce peuple, d’hypothéquer l’avenir du pays et de le mener à un cycle de violence irréversible.
Le chaos qui nous guette ne les effraye point, le désarroi ne les émeut guère et ce fleuve de discours et de paroles prônant la haine, la division et l’apologie de la violence démontrent leurs mépris de l’intérêt collectif, leur égoïsme et leur traitrise des idéaux de la Patrie.
Le fossé se creuse et ces vieux vautours ont raté une occasion unique de se réhabiliter et d’êtres les icones et des modèles pour les générations futures. Ainsi après un passage salutaire pendant la période transitoire, Beji Caïd Essebsi, en grand artificier de la concordance nationale aurait du tirer sa révérence et s’éclipser de la scène politique tunisienne pour garder cette stature de vieux sage et son retour ne fait que le discréditer vis à vis de l’opinion à qui il a promis une retraite politique méritée. Ses positions polémistes, sa stratégie comploteuse, son opposition frontale avec les islamistes ne font d’ailleurs qu’approfondir le fossé et raviver les tensions souterraines.
Le même constat s’applique à un degré moindre à Taieb Baccouche. Ce dernier qui doit son retour sur le devant de la scène à son militantisme syndicale d’antan et sa droiture et qui par son nouvel opportunisme insolent est entrain d’effacer et de gommer des pans de son histoire et de son vécu politique.
Quant à Rached Gannouchi, au lieu d’aspirer à la stature d’un Mandela Tunisien, icône du pardon et de l’amour, juge sur les grandes questions nationales, fédérateur et rassembleur des tunisiens, il a préféré jouer le chef de clan sectaire plus préoccupé par l’étendu de son pouvoir, celui des siens et de ses partisans que de l’avenir du pays et du bien être de tout un peuple.
Celui qui est désormais considéré comme le « Grand Méchant »se positionne comme le diviseur , le dictateur et l’instigateur du mal aidé dans cette macabre entreprise par un Habib Ellouze , artisan de la détérioration du climat politique tunisien et qui par ses discours haineux et violents ,ses appels à la division et son utilisation abusive de la religion est entrain de menacer l’unité et l’identité tunisienne et de mettre en péril la paix civile.
Vaine et alarmante est cette guerre de vieux vautours et il est plus qu’impératif que qu’ils passent le témoin à d’autres générations de politiciens sages dont le pays regorge.
Surtout que nombreux parmi eux ont prouvé par leur positions responsables qu’ils sont vrais patriotes rompus au dialogue, à la coexistence pacifique et aux débats d’idées pacifique sans coups bas, sans violence, sans insultes et sans complots.
Les Hamadi Jebali, Nejib Chebbi, Hamma Hammami, Samir Dilou, Maya Jribi, Samir Bettaieb, Fadhel Moussa, Ali Laarayedh, Mohamed Abbou, Nouredine Bhiri, Moncef Chiekhrouhou, Radhia Nasraoui, Ahmed Brahim, Mohamed Hamdi, Abdelwahab Héni, Saïd Aïdi ne sont que des échantillons de politiques ou militants tunisiens capables de mener le pays au bon port.
Le salut de la Tunisie est suspendu à ces politiciens qui ont en majorité, appris à lutter et à travailler ensemble, à s’accepter malgré les divergences, à donner avant de recevoir, à prévaloir l’intérêt collectif avant le sien. Comme en témoigne le Collectif du 18 Octobre 2005 qui les a réuni toutes les tendances politiques confondus, pour lutter contre la Dictature et l’injustice et il appartient à ces hommes et femmes de s’assumer ,de s’affranchir des gourous et vautours qui polluent la scène politique, de capitaliser sur le militantisme et la lutte commune , de pacifier le débat public et de démontrer qu’ils sont aptes à s’affronter sur les programmes et de débattre sur les idées pour bâtir et baliser les contours d’une nouvelle Tunisie aimante, juste, unie et prospère.
Jalel Jeddi
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