Le Conseil de la presse appelle les médias à renforcer leurs règles professionnelles dans la couverture des affaires de violences sexuelles visant des enfants.
Dans une directive publiée mercredi soir, l’instance met l’accent sur la protection des mineurs, tout en rappelant l’importance du droit du public à l’information.
La presse doit notamment préserver l’identité et la vie privée de l’enfant victime. Les journalistes doivent donc éviter de publier son nom, son image, sa voix ou toute information pouvant permettre son identification.
Cette protection concerne aussi son entourage. Le Conseil recommande de ne pas divulguer de renseignements sur la famille, l’établissement scolaire ou l’environnement social du mineur lorsqu’ils risquent de provoquer une stigmatisation ou des représailles.
Éviter une nouvelle victimisation
Le Conseil invite également les médias à renoncer au sensationnalisme dans le traitement de ces affaires.
Les titres excessivement choquants et les détails intimes peuvent aggraver le traumatisme subi par l’enfant. Les journalistes doivent aussi éviter tout discours susceptible de culpabiliser la victime ou de banaliser les violences sexuelles.
La presse doit par ailleurs accorder une attention particulière à la vérification des informations. Le Conseil recommande de contrôler les sources et de distinguer clairement les faits établis, les accusations et les décisions rendues par la justice.
Cette approche doit également garantir la présomption d’innocence ainsi que les droits de la défense.
Un rappel du cadre juridique
Le Conseil souligne enfin que la divulgation de l’identité d’un enfant victime peut constituer une infraction au regard de l’article 60 du décret-loi n°115 de 2011, sous réserve des conditions prévues par ce texte.
À travers cette directive, le Conseil entend ainsi encourager une couverture médiatique plus rigoureuse des violences sexuelles commises contre les enfants, tout en conciliant le droit à l’information avec la protection des victimes.
La presse est ainsi appelée à placer la dignité, la sécurité et l’intégrité de l’enfant au cœur de son traitement de ces affaires.

