
Depuis 2011, nous nous interrogeons sur la réalité du concept révolution cher à nos politiques de tous bords. Dès les premiers balbutiements du soulèvement populaire ayant conduit à la chute de l’ancien régime, les Tunisiens se sont posé la question « Qu’est-ce qui va changer » ? Ils aspiraient à une vraie
amélioration des conditions de vie et espéraient une rupture franche et définitive avec les pratiques clientélistes, affairistes et opportunistes qui ont empoisonné le pays, deux décennies durant.Hélas la machine contre laquelle la révolte a vu le jour continue de ronronner et les mécanismes anciens n’ont pas varié d’un pouce. Les inégalités se creusent, la pauvreté s’aggrave, le clientélisme persiste, les affaires s’amplifient et les préoccupations du peuple sont comme dans le passé reléguées au second plan.
Le Gouvernement dont les attitudes en zigzag, les hésitations et les décisions arbitraires ont fini par indisposer et dérouter l’opinion publique et le Tunisien face à l’inaction et les justifications émotionnelles des gouvernants et à la détérioration de ses conditions de vie, ne sait plus vers quel saint se tourner.
Il se pose des questions fondamentales ; Qu’est ce qui a changé depuis 2011 ?? Sommes- nous vraiment gouvernés ou sommes-nous manipulés ? Y a-t-il péril en la demeure ?
A la dernière question, on peut répondre par l’affirmative et dire que la révolution est réellement menacée et que le pays traverse une des plus graves crises qu’a connues le pays. Menacée non pas par le retour des Azlem et Foulouls comme le prétend et le crie haut et fort notre moteur trois roues ANC, Gouvernement et Présidence appuyé par la quatrième roue incarnée par les Gardiens de la Révolution ou plutôt les Gardiens des postes et des privilèges, mais par l’inaction de ce trio magique plus soucieux de son calendrier électoral et de ses intérêts partisans que de l’intérêt national et du bien être du citoyen Tunisien.
Gouverner, ce n’est pas uniquement séduire, endoctriner les foules, s’armer de milices pour anéantir ses adversaires politiques, diviser son peuple, réfuter toute critique, renier son passé.
Gouverner c’est avant tout aimer son pays et son peuple. C’est agir, anticiper, prévoir, corriger et avoir une vision claire. Gouverner c’est apprendre de ses erreurs et de celles des autres .C’est éviter les défaillances et ne pas reproduire le modèle antérieur fait de connivence, de clientélisme et de corruption. C’est tirer le pays vers l’enrichissement et non pas vers la paupérisation matérielle et intellectuelle.
Tel un bon Commandant de Navire, le Gouvernement doit guider son embarcation et lui éviter les eaux troubles et rocheuses et tenir le cap d’une main de fer pour éviter de chavirer. Un capitaine qui tient la barre autant en mer calme qu’en temps de tempête.
Un capitaine qui rassure ses passagers en manque de confiance qu’ils vont amarrer à bon port malgré les vents et les tourbillons.
Un Commandant exemplaire qui ne ses soucie pas uniquement du confort et paillettes de ses lieutenants chichement installés mais du bien être de ses passagers qui ont payé chèrement leur place et qui sans eux il n y aurait ni commandant ni lieutenants.
Le passager a besoin de confiance, de crédibilité, de compétence, d’un sens de l’anticipation et de vista claire pour accepter d’embarquer pour ce voyage et de croire en son Commandant.
De cette confiance dépendra l’acceptation et l’adhésion des passagers aux choix du l’Homme et son équipe. S’il arrive à bon port malgré les pluies et les orages, il aura gagné sa place de Commandant et s’il montre des signes de fébrilité qui menacent la sécurité du navire et qui risquent de mettre en péril la vie et l’avenir des passagers, ces derniers ont le droit de le contester, de douter de ses choix et de le remplacer.
La légitimité du Commandant ne tient pas de sa fonction mais plutôt de sa qualité et son aptitude à diriger et à tenir son équipage et à rassurer ses passagers sur leur destination.
Jalel Jeddi
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