
«Ma Vérité» de Leïla Ben Ali va sûrement faire beaucoup parler de lui dans les prochains jours. En France, c’est plutôt son éditeur Yves Derai, qui fait la une.
Voici une première réaction au livre de l’ex-première dame de Tunisie. La réaction de Benoît Delmas est virulente à l’encontre de l’éditeur.
Yves Derai a fondé les Editions du Moment. Journaliste et éditeur, il a mené de rudes enquêtes sur Cécilia Sarkozy, Rachida Dati, publié Patrick Balkany, bref du people et de l’UMP décomplexé.
Il est aujourd’hui l’éditeur de Leïla Ben Ali dont le «livre» sort aujourd’hui sous le titre «Ma Vérité». L’homme dit avoir été contacté par un intermédiaire dont il refuse de citer le nom car «l’homme retourne fréquemment en Tunisie».
Yves Derai n’hésite pas à dire que «Ben Ali n’était pas un dictateur sanguinaire», qu’il n’y «a pas eu de crime politique sous Ben Ali», bref qu’il n’était «ni Kadhafi ni Moubarak». Le Libyen considérait cependant Zaba comme «son frère». Derai revendique des «nuances entre dictateurs».
«Les snipers ont été payés par des pays étrangers…»
Parmi les immenses sottises énumérées par Yves Derai, relevons que ce n’est pas «une révolution du peuple mais un coup d’Etat fomenté par des puissances étrangères.» Et de citer les services secrets français. Derai a oublié que le 6 janvier, Michèle Alliot-Marie avait proposé l’aide des policiers français au régime Ben Ali. Ce qu’il y a de pratique avec les théories du complot, c’est qu’aucun démenti n’est possible. Idem pour les services secret, l’adjectif «secret» interdisant toute réponse.
Selon Derai, «Madame Ben Ali» affirme que «les snipers ont été payés par des pays étrangers afin de faire des victimes»… L’éditeur peu scrupuleux oublie les quelques 300 morts de la révolution, les convois funéraires mitraillés par la police de Ben Ali. Il oublie les blessés, les martyrs, les handicapés suite aux balles tirés par les hommes du régime.
Un livre grâce à Skype
On apprend que le livre s’est fait via Skype. Des séances de travail parfois interrompues parce que «Madame Ben Ali allait faire sa prière.» Elle était voilée comme elle s’affiche sur la couverture de son livre. La Régente de Carthage a bien changé à croire son zélé éditeur, porte-parole décomplexé d’un régime dictatorial et corrompu qui a brisé les jambes du pays.
«Pas de crime politique sous Ben Ali» selon Yves Derai
Je propose qu’Yves Derai passe ses vacances dans les sous-sols du Ministère de l’Intérieur, là où on torturait, on violait, on tuait. Et puis on lui présentera des gens qui ont subit la technique du poulet grillé, on leur a brûlé les pieds, dont on a violé la femme sous leurs yeux. Toute chose que Monsieur Derai, tout acquis à la cause fructueuse de Mâme Ben Ali, ne peut pas ne pas savoir. Il aurait du lire «la dictature Ben Ali pour les Nuls» avant de s’avancer dans cette publication et de se faire l’avocat des Trabelsi et du régime Ben Ali. Invitons-le à Sidi Bouzid, d’où la révolution du peuple et par le peuple a commencée le 17 décembre 2010.
Du mépris pour la Tunisie
La liberté d’expression s’applique à tous et toutes. Ben Ali compris. Mais qu’un éditeur français se permette de dire que ce qui s’est passé en Tunisie n’est pas «une révolution du peuple» et qu’il n’y a pas eu de «crime politique sous Ben Ali», ça s’appelle au mieux du mensonge au pire du mépris pour la Tunisie.
PS. Sur le site de sa maison d’édition, Yves Derai explique que «les Editions du Moment se refuse à tout esprit partisan même si elle s’interdit de publier extrémistes et autres ennemis de la démocratie.» Madame Ben Ali n’appartient, bien évidemment, à aucune de ces catégories.
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