Jour de colère chez les agriculteurs: 1500 tracteurs aux portes de Paris

Jour de colère chez les agriculteurs: 1500 tracteurs aux portes de Paris
 
 
Six convois, de plus de 1.500 tracteurs selon les syndicats et 1038 selon la police, avançaient vers Paris jeudi 3 septembre 2015 au matin. Près de 5000 agriculteurs rejoindront la capitale pour exprimer la colère du monde paysan et réclamer des aides supplémentaires face à la baisse considérable de leurs revenus.
 
A 7h45, ce jeudi 3 septembre 2015, le réseau des routes d’Ile-de-France ne compte que 83 km de bouchon, soit deux fois moins qu’un jeudi ordinaire. Les Franciliens ont visiblement suivi les conseils de la préfecture de Paris les enjoignant à « privilégier les transports en commun ». Le but des 1.500 tracteurs qui convergent vers la capitale, à l’appel de le Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et des Jeunes agriculteurs, n’est pas de bloquer les routes.
 
Emprunter le périphérique parisien sur des véhicules roulant à 35 km/h, le déplacement ressemble quand même à une opération escargot. Les ralentissements sont surtout attendus sur le boulevard périphérique un peu plus tard. 
   
Reçus par le Premier ministre
 
Vers 6h30, les engins et des autocars remplis d'agriculteurs commençaient à rejoindre les principaux péages d'accès à la capitale. La plupart ont bivouaqué pendant la nuit à quelques dizaines de kilomètres de là. A la demande des syndicats, il n’y avait qu’une seule file alignée pour limiter la gêne occasionnée.
 
Près de 4.000 à 5.000 agriculteurs devaient également rejoindre Paris en autocars et en train pour participer au rassemblement prévu place de la Nation. C’est là que les « 1512 tracteurs » recensés au dernier pointage (vers 7 heures jeudi 3 septembre) se rejoindront. Jeudi matin, le syndicat des Jeunes agriculteurs était reçu au Sénat par son président Gérard Larcher. Ensuite, une délégation se rendra à l’Assemblée nationale avec une dizaine d’engins, puis les principaux dirigeants syndicaux seront reçus par le Premier ministre.
 
Pas un « défilé folklorique »
 
Après les crises en série qui tour à tour ont frappé les producteurs de lait, de bovins et de porcs, les paysans sont venus crier leur désarroi dans les rues de Paris. Pour la FNSEA et les Jeunes agriculteurs l’enjeu est énorme, il s’agit d’«éviter que l’agriculture française ne parte en liquidation.» Les deux fédérations attendent un «engagement de la part des pouvoirs publics» en faveur des exploitants agricoles, après un été marqué par plus de 500 actions.
 
Le secrétaire général de la FNSEA précise que ce ne sera ni un «défilé folklorique ni une parade de tracteurs (…) les agriculteurs sont déterminés ». Dimitri Ducher, éleveur de porcs à Plouigneau, a quitté son exploitation il y a deux jours pour rejoindre la capitale. Le jeune paysan de 29 ans déclarait à l’AFP: «On ne lâchera rien, je pense que les Parisiens nous soutiendront.» (M6info)