
Aujourd’hui, se sont réunis des membres de la cellule de crise chargée de la constitution d’un syndicat des médecins internes et résidents de Sfax, les membres du Syndicat des Internes et des Résidents en Médecine de Tunis, les représentants du Ministère de la Santé Publique, ainsi que le secrétaire général du Syndicat des Médecins de la Santé Publique suite à l’appel des autorités concernées.
Nous avons discuté les points suivants :
– 1 : Nous refusons catégoriquement le projet de loi relatif au travail obligatoire de trois ans des médecins spécialistes, étant donné que celui-ci est une violation du droit à la liberté de travail des jeunes médecins ; cela après de nombreuses années de formation et de travail dans des conditions lamentables, pour lesquelles nous tenons les ministères de la santé publique et de l’enseignement supérieur pour responsables. Nous refusons aussi cette loi parce qu’elle ne respecte pas les conventions n° 29 et 105 de l’Organisation Internationale du Travail (l’O.I.T.), relatives au travail obligatoire et ratifiées par la Tunisie.
– 2 : Nous appelons à la formation d’une commission rassemblant les doyens des facultés de médecine, les syndicats des médecins hospitalo-universitaires, les syndicats des internes et des résidents en médecine et les membres de l’Union Générale des Etudiants de Tunisie au sein des facultés de médecine afin de présenter des solutions concrètes et radicales à la crise que connaît le secteur sanitaire et pour ne plus recourir au travail obligatoire, sous quelque forme que ce soit.
– 3 : Nous attendons des propositions sérieuses et réalistes pour remédier à la crise du secteur, et non des mesures populistes visant à séduire de potentiels électeurs.
– 4 : Nous insistons, en tant que médecins internes et résidents, sur notre droit légitime à militer sous toutes les formes légales. Nous nous opposons au projet de loi injuste sur le travail obligatoire, quitte pour cela à recourir à la grève ouverte jusqu’au retrait total de ce texte.
Nous condamnons les pratiques et les déclarations des représentants gouvernementaux qui visent à stigmatiser et à nuire à la réputation des jeunes médecins, en faisant croire aux Tunisiens que ceux-ci sont responsables de l’effondrement du système de la santé dans notre pays. Le marasme de ce secteur vital doit plutôt être attribué aux politiques inconséquentes des responsables de la santé, lesquelles ont poussé des centaines de médecins à démissionner de la fonction publique ou à vouloir émigrer dans des pays qui gratifient mieux leurs compétences et leur offrent des conditions de travail dignes.
Le ministère de la santé publique a déclaré qu’il n’était pas responsable du projet de loi sur le travail obligatoire des médecins spécialistes. Il en a néanmoins farouchement défendu le contenu et a proposé de jouer le rôle de médiateur lors d’éventuelles négociations avec les députés de l’Assemblé Nationale Constituante. Par conséquent, nous appelons nos collègues à soutenir leurs organismes syndicaux, seuls remparts contre ce projet de loi populiste et discriminatoire.
Communiqué
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