Sous le titre « Happy Friendship Day between the United States and Tunisia » (« Joyeuse journée de l’amitié entre les États-Unis et la Tunisie »), l’ambassade des États-Unis à Tunis a publié un message accompagné d’une photographie réunissant le président tunisien Habib Bourguiba et le président américain Dwight D. Eisenhower, à l’occasion de la commémoration de la signature du Traité de paix et d’amitié entre la Tunisie et les États-Unis, le 28 août 1797.
Dans son message, l’ambassade américaine rappelle que, le 28 août 1797, la Tunisie et les États-Unis ont signé un Traité de paix et d’amitié, présenté comme l’un des plus anciens accords de l’histoire américaine. La photographie, datant de 1959, montrant Habib Bourguiba aux côtés de Dwight D. Eisenhower, constitue, selon la représentation diplomatique américaine, « un chapitre de cette longue relation ».
Hamouda Pacha et les débuts des relations tuniso-américaines
Les racines des relations entre la Tunisie et les États-Unis remontent aux premières années de la République américaine. Le 28 août 1797, sous le règne du bey Hamouda Pacha (1782-1814), la Tunisie et les États-Unis conclurent ainsi le Traité de paix et d’amitié, à une époque où les États-Unis, nouvellement indépendants, cherchaient à établir des relations diplomatiques et commerciales avec les puissances de la Méditerranée.
La signature de ce traité s’inscrivait dans la volonté des deux parties de définir leurs relations et de créer un cadre de stabilité et de sécurité pour les échanges commerciaux et la navigation. Par sa position stratégique au cœur de la Méditerranée, la Tunisie occupait alors une place importante dans le réseau des relations internationales et commerciales de la région.
Cette page de l’histoire revêt une importance particulière puisque la Tunisie figurait parmi les pays ayant établi très tôt des relations avec les États-Unis, à une époque où la jeune République américaine cherchait à consolider sa présence diplomatique et commerciale au-delà du continent américain.
Bourguiba et Eisenhower : un autre chapitre de l’histoire
Plus d’un siècle et demi après le traité conclu sous Hamouda Pacha, la photographie de Habib Bourguiba et Dwight D. Eisenhower, prise en 1959, témoigne d’une nouvelle étape dans cette relation historique.
La Tunisie venait alors d’accéder à l’indépendance, en 1956, et le président Habib Bourguiba s’employait à inscrire le jeune État tunisien dans le concert des nations. La rencontre avec le président américain Eisenhower illustre l’importance accordée aux relations entre Tunis et Washington dans le contexte international de l’époque.
Cette photographie constitue ainsi un symbole de la continuité des relations entre les deux pays, depuis les premiers contacts avec la République américaine naissante jusqu’aux relations diplomatiques établies avec la Tunisie indépendante.
Une amitié qui se poursuit
Plus de deux siècles après la signature du traité, l’ambassade américaine affirme que cette amitié continue de se développer et de se renforcer.
Aujourd’hui, cette relation se manifeste notamment à travers les exercices militaires conjoints et la coopération sécuritaire, mais aussi par le développement des liens dans les domaines du commerce et de l’investissement, notamment à travers des programmes tels que SelectUSA.
La coopération s’étend également au domaine académique grâce à des programmes d’échanges tels que Fulbright, qui permettent aux étudiants, chercheurs et universitaires tunisiens de développer des liens avec leurs homologues américains et de renforcer les échanges entre les deux pays.
À travers son message, l’ambassade des États-Unis entend ainsi rappeler que les relations tuniso-américaines ne sont pas récentes. Elles plongent leurs racines dans une histoire qui remonte à la fin du XVIIIe siècle et qui, au fil des générations, s’est progressivement étendue à la diplomatie, au commerce, à la sécurité, à l’investissement et à l’éducation.
De Hamouda Pacha à Bourguiba, et d’Eisenhower à la coopération actuelle, plus de deux siècles d’histoire relient ainsi Tunis et Washington. La photographie de 1959 choisie par l’ambassade américaine vient symboliquement rappeler cette continuité, tout en illustrant l’évolution d’une relation née aux premières heures de la République américaine et toujours active aujourd’hui.
B.OUESLATI

