Le montant éventuel des capitaux que Citigroup devrait lever à l'issue des tests de résistance (stress tests) menés parles autorités fédérales américaines serait gérable, déclarent des sources proches du dossier.
Citigroup est l'une des 19 banques qui ont été soumises à ces tests, censés évaluer la capacité de résistance de ces établissements à de possibles situations de tension économique ou financière, et donc faire apparaître de possibles besoins de recapitalisation chez certains d'entre eux.
Les banques ont reçu la semaine dernière des résultats préliminaires de ces évaluations et bon nombre d'entre elles discutent désormais avec la Réserve fédérale pour déterminer si leurs fonds propres corporels (tangible common equity ou TCE) sont suffisants ou pas.
Les résultats définitifs pourraient conclure que les banques ont besoin au total de 150 milliards de dollars (113 milliards d'euros), voire davantage, et les établissements jugés les plus fragiles seraient sans doute sanctionnés en Bourse.
Les analystes s'attendent à ce que les autorités, lorsqu'elles présenteront les résultats des tests jeudi prochain, assurent que les 19 banques sont toutes solvables mais aussi à ce qu'elles ajoutent que certaines pourraient devoir lever plus de capitaux que d'autres pour se protéger contre une éventuelle aggravation de la récession en cours aux Etats-Unis.
Les groupes considérés comme les plus susceptibles de devoir faire appel au marché sont Citigroup et Bank of America, a déclaré Fred Dickson, responsable de la stratégie marché de D.A. Davidson & Co.
Les plus vulnérables pourraient recevoir des capitaux de l'Etat fédéral, ce qui accroîtrait l'implication de Washington dans le secteur et pourrait conduire à l'éviction de certains dirigeants des banques concernées.
CITI A PLUSIEURS OPTIONS DISPONIBLES
Citigroup, pour sa part, dispose de divers moyens lui permettant de lever si nécessaire des fonds propres corporels, parmi lesquels figure des cessions d'actifs mais aussi la possibilité d'augmenter le montant prévu de son projet d'échange de titres préférentiels contre des actions ordinaires, actuellement fixé à 52,5 milliards de dollars.
Les fonds propres corporels (tangible common equity ou TCE en anglais) excluent en effet les titres préférentiels.
Ces mesures seraient suffisantes pour répondre à tout besoin de recapitalisation que pourraient souligner les autorités, ont déclaré vendredi des sources proches du dossier.
Des représentants du Trésor américain et de la Réserve fédérale ont refusé de commenter ces informations, tout comme Citigroup.
Le Wall Street Journal a rapporté samedi que Citigroup pourrait devoir lever jusqu'à 10 milliards de dollars mais il a ajouté que les discussions sur le sujet se poursuivaient et que la banque pourrait éviter d'avoir à lever des fonds supplémentaires.
Les résultats définitifs des tests seront présentés aux banques mardi et rendus publics jeudi, a déclaré vendredi à Reuters un responsable gouvernemental.
Vendredi, Citigroup a annoncé la vente d'activités de courtage et de banque d'investissement au Japon pour un montant d'environ 5,9 milliards de dollars, une opération qui dégagera 2,5 milliards de dollars de fonds propres corporels.
La vente prévue de la majorité du capital de Smith Barney à Morgan Stanley, qui doit être bouclée avant la fin de l'année, est censée dégager 6,5 milliards de fonds propres corporels supplémentaires.
Et en 2010, les titres convertibles souscrits par l'Abu Dhabi Investment Authority doivent être convertis en actions ordinaires, ce qui augmenterait les capitaux propres corporels de 7,5 milliards de plus.
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