Chaque année, sa publication est attendue et scrutée par les universités, les chercheurs, les gouvernements et les étudiants du monde entier. Le classement de Shanghai, officiellement Academic Ranking of World Universities (ARWU), s’est imposé depuis plus de deux décennies comme l’un des principaux baromètres de la puissance scientifique des établissements d’enseignement supérieur. Publié pour la première fois en 2003 par l’Université Jiao Tong de Shanghai, il est établi depuis 2009 par ShanghaiRanking Consultancy. Plus de 2 500 universités sont évaluées, mais seules les 1 000 premières sont publiées.
L’ARWU privilégie toutefois la recherche scientifique : prix Nobel et médailles Fields, chercheurs hautement cités, publications dans Nature et Science, articles indexés dans le Web of Science et performance scientifique par chercheur. Il ne constitue donc pas un classement général de la qualité de l’enseignement ou de la vie étudiante.
Harvard toujours au sommet
L’édition 2026 confirme la domination des grandes universités américaines. Harvard conserve la première place mondiale, devant Stanford et le Massachusetts Institute of Technology (MIT). Suivent notamment Berkeley, Princeton, Columbia, Chicago, Caltech, Yale, Cornell, ainsi que UCLA, Pennsylvanie et Washington parmi les tout premiers établissements.
Le premier établissement non américain ou britannique est français : Paris-Saclay, 13e mondiale. La Chine poursuit parallèlement sa spectaculaire progression et compte désormais 234 établissements dans le Top 1000, davantage que les États-Unis.
Quatre universités françaises dans le Top 100
La performance française mérite d’être soulignée. Quatre établissements français figurent dans le Top 100 mondial :
- Paris-Saclay : 13e
- Paris Sciences et Lettres (PSL) : 33e
- Sorbonne Université : 55e
- Université Paris Cité : 57e
La France compte au total 27 établissements dans le Top 1000, ce qui la place au dixième rang mondial.
Le monde arabe fait son entrée dans la cour mondiale
Plusieurs pays arabes sont désormais présents dans le Top 1000. L’Arabie saoudite domine largement avec 14 universités, suivie de l’Égypte avec 6, des Émirats arabes unis avec 3, du Maroc avec 2, du Liban avec 1 et du Qatar avec 1.
La progression saoudienne est particulièrement remarquable : le pays ne comptait que six établissements dans l’ARWU en 2021 et en compte quatorze en 2026.
L’Afrique également représentée
Sur le continent africain, 16 universités de quatre pays figurent dans le Top 1000 : Afrique du Sud (7), Égypte (6), Maroc (2) et Éthiopie (1).
L’Afrique du Sud reste la première puissance universitaire africaine, avec University of Cape Town dans la tranche 201-300. L’Égypte est emmenée par Cairo University, dans le groupe 401-500. Le Maroc compte désormais deux établissements, dont Mohammed VI Polytechnic University.
Et la Tunisie ?
Le constat est sans appel : aucune université tunisienne ne figure dans le Top 1000 du classement de Shanghai 2026. La Tunisie est ainsi absente alors que plusieurs pays arabes et africains y sont représentés.
Une précision s’impose cependant concernant 2025 : contrairement à une information parfois reprise, deux universités tunisiennes n’étaient pas dans le Top 1000 de l’ARWU 2025. L’Université de Sfax est bien associée au rang 901-1000, mais sa fiche Shanghai précise qu’il s’agit de son classement 2023. De même, l’Université de Tunis El Manar apparaît dans la tranche 901-1000 pour 2024, et non pour 2025 ou 2026.
La situation actuelle n’en est pas moins préoccupante. Face à des universités saoudiennes, égyptiennes, sud-africaines et marocaines qui gagnent en visibilité scientifique internationale, l’absence de la Tunisie du Top 1000 constitue un signal d’alerte pour son enseignement supérieur et surtout pour sa recherche scientifique.
