Dans le gouvernorat de Kasserine, plusieurs agriculteurs et producteurs de figues de barbarie au bassin de Zelfane (qui s’étend sur les délégations de Thala, Foussana et El Ayoun), ont lancé un appel d’urgence aux autorités régionales et centrales pour intervenir afin de sauver ce qui reste des plantations de ce fruit gravement endommagées par la propagation de la cochenille, surtout que cette activité agricole constitue une source de revenu principale pour des milliers de familles dans la région.
Le président de l’Association nationale pour le développement de la figue de Barbarie, Mohamed Rachid Bennani a indiqué à l’Agence TAP que la récolte de l’année 2026 a enregistré une forte baisse, passant de 250 000 tonnes lors de la saison précédente à près de 100 000 tonnes actuellement.
Il a précisé que les dégâts causés varient entre importants et moyens dans le bassin de Zelfane, l’un des principaux pôles de production de figues de Barbarie en Tunisie, estimant qu’une partie des plantations, en particulier celles légèrement endommagées, reste récupérable à condition d’une intervention urgente pour limiter la progression du parasite.
Bennani s’est montré critique face à la lenteur de l’intervention du ministère de l’Agriculture pour remédier à cette situation, estimant que les efforts déployés n’étaient pas à la hauteur de l’ampleur des dommages subis par le secteur, en particulier en raison du retard dans la passation des marchés publics destinés aux opérations de traitement et d’arrachage des plantations infectées.
Il a affirmé que les agriculteurs de la région avaient déployé de grands efforts pour lutter contre la cochenille, rappelant que les initiatives individuelles demeurent limitées d’où le besoin d’intensifier les interventions collectives et de fournir les pesticides nécessaires en quantités suffisantes.
La même source a exprimé ses craintes quant à la possibilité d’une absence de production lors de la saison prochaine si la situation reste inchangée.
A noter qu’au gouvernorat de Kasserine, en particulier dans le bassin de Zelfane, les superficies cultivées en figue de barbarie s’étendent sur 100 000 hectares, dont près de 3 000 hectares en cultures biologiques, ce qui permet d’assurer en période normale une récole d’environ 250 000 tonnes par an, soit près de la moitié de la production nationale.
Le secteur fournit environ 40 000 emplois, principalement occupés par des femmes et génère des recettes de près de 80 millions de dinars par an

