Confrontés aux difficultés socio-économiques pressantes, les Tunisiens peu intéressés par la politique

Confrontés aux difficultés socio-économiques pressantes, les Tunisiens peu intéressés par la politique

A moins d’un mois des élections législatives, l’actualité politique intéresse peu les Tunisiens, confrontés à des difficultés socio-économiques de plus en plus pressantes.

Les Tunisiens ont été confrontés à des pénuries à répétition (carburant, lait, beurre, eau minérale, sucre) sur fond de forte inflation.

Le déficit de la balance commerciale de la Tunisie (la différence entre la valeur des exportations et celle des importations) s’est hissé à 60 %, sur une base annuelle, au cours des dix premiers mois de 2022.Ces données s’expliquent par la forte hausse des coûts des importations, due à l'inflation des prix des matières premières, dans un contexte d’instabilité et de pénurie des produits de base au niveau local, et de leurs prix élevés au niveau mondial.

Pire encore, entre le 14 et le 16 novembre courant, le solde des réserves en devises est passé, selon le site officiel de la BCT, de 100 jours d’importation à 97 jours.  dans un contexte marqué par l’inquiétude des opérateurs économiques quant aux effets de cette situation sur la valeur du dinar et la capacité du pays à continuer à importer les produits de base.

Le pays a également été endeuillé par des drames migratoires, comme à Zarzis (sud), où un naufrage a fait 18 morts fin septembre. 

Les capacités existent en Tunisie, un pays où le chômage des diplômés est élevé, où la proximité de l’Europe est un atout majeur et où les coûts de sont bien inférieurs à ceux de l’UE. Mais pour réaliser la croissance économique notre cher pays doit mener des réformes audacieuses surtout en matière de politique fiscale, de gestion douanière, de transparence de la justice et d’élimination de la bureaucratie.

Amine BEN GAMRA
Expert Comptable
Commissaire Aux Comptes
Membre de l'Ordre des Experts Comptable de Tunisie

 

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