
Le dernier cabinet ministériel « restreint » a pris la décision de créer trois nouvelles facultés de médecine: au Kef, à Sidi Bouzid et à Médenine, ainsi qu’une faculté de médecine dentaire à Kasserine et une faculté de pharmacie à Jendouba.
Cette décision démagogique a de quoi surprendre à plus d’un titre ! D’abord, elle est prise par un gouvernement censé être démissionnaire, dans un pays qui est dans l’attente de la nomination d’un nouveau chef de gouvernement.
Ensuite, c’est une décision prise de manière inopportune, en décalage avec les réels besoins de notre pays dans le domaine de la santé.Disons-le clairement: cette mesure populiste est totalement inappropriée et est aussi inutile que coûteuse.
Le problème actuel de la médecine en Tunisie ne se situe pas au niveau du nombre de médecins qui dépasse les 16000 et qui peut couvrir largement les besoins du pays si des mesures adéquates étaient prises pour favoriser une bonne répartition des médecins dans diverses régions de la Tunisie.
Notre pays a d’abord besoin d’améliorer l’infrastructure existante, d’assurer l’équipement adéquat des hôpitaux et dispensaires, éventuellement de créer de nouveaux pôles hospitaliers afin de pouvoir se rapprocher des patients et leur permettre d’accéder plus facilement aux soins.
Il suffit de faire un tour du côté de nos hôpitaux régionaux et de nos dispensaires pour se rendre compte à quel point ils sont sous-équipés, dépourvus du matériel le plus élémentaire pour assurer un minimum de soins.
Sur un autre plan, il ne faut pas oublier que la formation médicale comporte OBLIGATOIREMENT des stages pratiques dans des Centres hospitalo-universitaires (CHU), ce qui ne serait pas du tout le cas pour les trois éventuelles nouvelles facultés.
Il est inconcevable que les jeunes médecins ne soient formés que d’un point de vue théorique ! Par ailleurs cette décision, si elle devait être appliquée, ne manquerait pas de réveiller certaines susceptibilités régionales, dans la mesure où certaines villes, comme Gabes, Gafsa, Beja…., pourraient à leur tour réclamer l’installation d’une faculté de médecine.
A l’heure où la Tunisie vit l’une des plus graves crises de son histoire, ce sont des mesures draconiennes pour améliorer la situation socio-économique, qui doivent être prises et non pas des décisions inopportunes qui ne feraient qu’aggraver une situation bancale, faute de quoi notre pays serait voué à la banqueroute !
Moez Ben Salem
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