Le vendredi 26 août 2016, les Tunisiens avaient rendez-vous avec la séance plénière de l’ARP consacrée au vote de confiance au gouvernement d’union nationale.
A peine a-t-il bouclé son cabinet, Youssef Chahed, la quarantaine à peine entamée, il se voit propulser sur la scène politique à la vitesse d’une météorite, faisant face courageusement aux députés, brossant un tableau sans concession de la situation, exposant à grands traits son programme. Avec lui, c’est une nouvelle génération qui accède au pouvoir. Et inévitablement un nouveau style de gouvernement.
Au-delà des 217 députés présents, il s’adresse au peuple. Et pour ce faire, il a choisi la langue nationale, l’arabe dialectal. Finis les euh, au détour de chaque phrase, les textes ânonnés ? Il est venu, il a vu. A-t-il convaincu ? Pas encore.
Les Tunisiens sont échaudés après tant de promesses non tenues. Pour le moment, il part avec un préjugé favorable. Mais la période de grâce sera courte.
En exclusivité, Le magazine Leaders l’a rencontré juste après son discours. C’est sa première interview après son investiture. Il y revient sur la genèse de son gouvernement : Comment a-t-il choisi ses ministres ? Quelles étaient les pressions subies et les surprises subies ? Comment s’est-il organisé durant cette période et avec quelle équipe transitoire ? Comment compte-t-il restructurer son back office à la kasbah ? Quel discours tiendra-t-il au FMI et la Banque Mondiale d’un côté et l’UGTT de l’autre. Comment seront ses relations avec Carthage ?
Quelles seront ses priorités? Les cinq objectifs majeurs issus du Document de Carthage, mais dans l’Immédiat, la préparation du budget de l’Etat pour l’année 2017. Ah cette année 2017. Dire qu’elle sera difficile est un euphémisme. Elle sera celle de tous les dangers, de tous les périls. Youssef Chahed reste pourtant optimiste. «La Tunisie finira par s’en sortir». Il en est persuadé. Il y est déterminé.
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