Il y a plus de 37 ans, le Conseil de sécurité a considéré que les implantations israéliennes dans les territoires occupés n’avaient aucune valeur juridique et représentaient un obstacle à la conclusion d’une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient. Ce qui était vrai en 1979 l’est tout autant aujourd’hui, et d’une préoccupation bien plus urgente, a déclaré ce matin devant le Conseil le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient et Représentant personnel du Secrétaire général, Nickolay Mladenov.
Sans perspective de reprise de négociations dans le processus de paix au Moyen-Orient, l’évolution sur le terrain continue de nuire à une situation déjà précaire, a estimé Mladenov, détaillant: la construction d’implantations illégales se poursuit, la situation à Gaza reste hors de contrôle de l’autorité palestinienne légitime et les dirigeants politiques des deux bords continuent d’esquiver les mesures nécessaires à la paix.
C’est là la réalité qui continue de saper la confiance en une solution des deux États, a constaté le Coordonnateur spécial, qui a notamment dressé un tableau très sombre des conséquences de la poursuite de la colonisation israélienne, dont il a rappelé la claire condamnation tant par les États-Unis, la Russie et l’Union européenne que par le Secrétaire général, tous membres du Quatuor.
Parmi de nombreux exemples, le Représentant personnel du Secrétaire général a cité les nouveaux projets israéliens visant à construire un millier de logements dans la partie est de Jérusalem et 735 autres en Cisjordanie.
« Depuis des années que nous gérons le conflit israélo-palestinien, l’occupation continue, les Palestiniens ont été dépossédés et c’est une réalité à un seul État qui se crée sur le terrain », a fait observer Mladenov.
Il est donc grand temps pour tous les dirigeants des deux côtés avec le soutien de la région et de la communauté internationale de mettre fin au conflit sur la base des résolutions du Conseil de sécurité, d’une façon qui satisfasse les aspirations nationales légitimes de deux peuples, a poursuivi le Coordonnateur spécial, pour qui les deux parties doivent quitter la trajectoire négative actuelle, rebâtir la confiance et l’espoir que la solution des deux États n’est pas simplement un slogan politique mais une réalité qui peut être atteinte à travers la négociation et à notre époque.
Le Coordonnateur spécial a demandé un « changement radical » dans la manière d’apprécier la situation à Gaza, appelant à la levée des restrictions à l’assistance humanitaire internationale et au retour de la zone sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.
Il a salué en ce sens le paiement par le Gouvernement palestinien, grâce à une donation du Qatar, des salaires de quelque 20 000 fonctionnaires à Gaza, y voyant un geste humanitaire très nécessaire.
(D’après communiqué)
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