Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu lundi 10 août 2026 à la plage Essalam, à Gabès, afin de prendre connaissance de la situation environnementale dans la région. Dans un communiqué publié mardi 11 août, la présidence de la République a indiqué que le chef de l’État avait insisté sur la nécessité d’éviter que ne se reproduise cette année la situation observée l’an dernier, soulignant que la question environnementale constitue « une question nationale ».
Kaïs Saïed a notamment abordé la situation du complexe chimique de Gabès. Il a accusé ceux qui, selon lui, envisageaient de « le raser puis de le vendre à vil prix », estimant que cette démarche remonterait à 2011, voire à une période antérieure. Il a réaffirmé à ce propos que « nos entreprises et nos établissements publics ne sont pas à vendre ».
Le président de la République a également estimé que les habitants de Gabès sont confrontés, au-delà de la pollution environnementale, à ce qu’il a qualifié de « pollution politique ». Il a souligné que la région, pourtant riche de ses montagnes, de ses plages et de ses oasis, compte parmi les territoires les plus affectés.
S’agissant des unités industrielles, Kaïs Saïed a assuré que les installations polluantes ne seront pas remises en service. Il a précisé que seules les unités ayant fait l’objet de travaux de réparation pourront reprendre leur activité, présentant cette orientation comme une condition indispensable pour garantir aux habitants de Gabès un environnement sain.
Le chef de l’État a par ailleurs salué la mobilisation des habitants de la région, affirmant qu’ils avaient fait échec à ceux qui, selon lui, cherchaient à « exploiter leurs souffrances » et à alimenter les tensions à Gabès.
Une réunion au siège du gouvernorat
Kaïs Saïed s’est ensuite rendu au siège du gouvernorat de Gabès, où il a tenu une réunion avec le gouverneur ainsi qu’avec plusieurs députés de la région.
À cette occasion, il a déclaré que le pays menait « une guerre sur tous les fronts », affirmant que les différentes manœuvres et les complots échoueraient face à la mobilisation du peuple tunisien.
Au CHU de Gabès, le constat d’un manque de moyens
Le président de la République a également effectué une visite au Centre hospitalo-universitaire de Gabès. Selon le communiqué de la présidence, il y a constaté une forte affluence ainsi qu’un manque de moyens.
La présidence a par ailleurs souligné que plusieurs citoyens avaient contribué financièrement, sur leurs propres fonds, à l’amélioration des conditions de prise en charge des patients.
Kaïs Saïed a également inspecté un oued qui doit faire l’objet de travaux de curage et de réaménagement, après plusieurs années d’accumulation de déchets et d’ordures.
À l’issue de sa visite, le chef de l’État a estimé que « le diagnostic est clair » et que « le temps est désormais à l’action ». Il a averti que les responsables qui n’assumeraient pas leurs fonctions « comme il se doit » seraient remplacés par d’autres en mesure de les exercer avec responsabilité.
La présidence de la République n’a toutefois pas précisé, dans son communiqué, le calendrier de mise en œuvre des mesures annoncées concernant les unités industrielles polluantes. Elle n’a pas non plus détaillé les modalités concrètes des travaux envisagés au CHU de Gabès et au niveau de l’oued.

