
« La trahison la plus odieuse est celle commise par les politiques contre leur patrie et l’ingratitude la plus condamnable est celle des lâches et des égoïstes envers leur peuple. »
Pour comprendre l’art de la trahison et les expressions les plus révélatrices de l’ingratitude, il suffit de scruter le comportement et les voltes faces de certains politiques et la haine déversée par ces mercenaires et ces commerçants de la religion sur un peuple qui leur a fait la meilleure et la plus chère des offrandes : la liberté.
La trahison se nomme politique et l’ingratitude se nomme terrorisme. Aujourd’hui les politiques au pouvoir comme dans l’opposition et qui se pavanent dans les couloirs de l’ANC et dans les Ministères en profitant pleinement des fastes de la république et nos terroristes qui sèment la terreur, assassinent leurs compatriotes innocents et menacent la paix civile ne doivent leurs place qu’au combat acharné mené par un peuple uni, courageux et volontaire.
La mémoire de ces nouveaux arrivants est trop courte et la morale politique et républicaine est bafouée par tant de déni et de méconnaissance du rôle de ces citoyens honorables qui n’aspiraient ,en bravant la terreur de Ben Ali ,qu’à plus de justice, de prospérité et de partage équitable des richesses.
Rentrés d’un exil doré pour les uns, de nouveaux surfeurs sur la vague révolutionnaire pour d’autres et d’anciens militants confirmés et reconnus pour certains, les nouvelles figures politiques du pouvoir comme de l’opposition ont été intronisés grâce au combat titanesque de ce peuple qui a payé de sa vie et de son sang pour qu’ils soient à cette place et ne doivent cette aura, ces fastes et cette nouvelle stature qu’aux voix des millions de tunisiens qui se sont accourus pour voter un certain 23 Octobre 2011. La trahison touche les élus de l’ANC qui ont fait fi du serment de servir le peuple et s’évertuent à servir leurs propres intérêts en se gratifiant de primes, d’augmentations et de privilèges alors que leurs concitoyens souffrent du chômage , de la misère et de la cherté de la vie.
La trahison concerne aussi la nouvelle caste des politiques qui sont arrivés au pouvoir au lendemain d’une révolte spontanée sans leader, sans idéologie et dont les revendications s’articulaient autour de la justice sociale, la liberté, la dignité, le développement régional et le partage équitable des richesses. Les masques sont tombés et beaucoup de politiques au pouvoir comme à l’opposition, éblouis par cette nouvelle bulle offerte par le peuple, se complaisent dans un narcissisme béat. Aveuglés par la nouvelle aura, affamés de pouvoir et friands des fastes de la république, ils ont trahi le serment d’être au dessus des partis et des idéologies pour servir la patrie et se consacrent à gérer leur propres carrières au détriment des vraies préoccupations du peuple.
Les investisseurs étrangers qui devaient créer les emplois ont été remplacés par les Imams Wahhabites qui prodiguent les Fatwas et ternissent l’image de l’Islam noble, la chevrotine à Siliana a eu raison de la dignité, la misère s’est accentuée et le pacte unificateur a été brisé et remplacé par les dogmes du séparatisme et de division, salutaires pour gouverner ou accéder au pouvoir.
Autre signe de l’immoralité et de la décadence des valeurs du bien et de l’éthique collective, c’est l’ingratitude de ces criminels, ces révolutionnaires de la 25 ème heure, ces opportunistes et ces extrémistes, qui au lieu de remercier le peuple pour son offrande de liberté retrouvée, le récompensent par la terreur, les assassinats et la violence. Ils ne doivent leur salut et leur nouvelle stature qu’au sang de ce peuple qui a payé de sa vie pour qu’ils retrouvent la liberté de penser, la liberté de se déplacer, la liberté de s’afghaniser et la liberté de s’exprimer.
Ces extrémistes, sans foi ni loi, qui, pour beaucoup croupissaient en prison du temps de Ben Ali et pour certains n’ont découvert les fatwas wahhabites qu’après 2011 sont entrain de semer la terreur et la barbarie. Cette ingratitude envers ce peuple vaillant illustre la décadence et immoralité d’une partie de la population pour qui les esprits libres, unis et sains sont récompensés par le mépris, la haine et la violence, la croyance religieuse devient objet de surenchère et de controverse et l’amour du peuple et de la patrie se transforment en valeurs perverses.
Jalel JEDDI
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