
Face à cette menace de somalisation persistante de la Tunisie et à l’incapacité du gouvernement en place à venir à bout des problèmes politiques , économiques et sociaux , le parti Ennahda de plus en plus isolé et décrié joue sa dernière carte , celle du Général Ammar.
Protecteur de la révolution, garant de la suprématie et de l’impartialité de l’Etat, le Général apparait comme le personnage idoine pour sauver et la Tunisie du spectre de la bipolarisation Nidaa et Ennahda.
Sa neutralité, sa droiture, sa parfaite connaissance des arcanes de la sécurité, ses appuis internationaux, sa capacité à fédérer et son acceptation par les jeunes qui ont réellement fait la révolution sans rien en tirer, font de lui le candidat idéal pour contrecarrer la montée en puissance de Béji Caied Essbessi et éviter à Ennahda une débâcle certaine aux prochaines élections
Ecœurés par autant d’incompétence et d’anarchie, dégoutés par l’ampleur de la crise qui secoue le pays, terrorisés par l’ampleur de la violence qui règne et effrayés par le séparatisme ambiant, de plus en plus de tunisiens en appellent à une personnalité forte et neutre pour diriger le pays et le sortir de ce marasme et cette ambiance délétère.
La médiocrité des débats publics et le manque de maturité des nouvelles élites politiques ont laissé le champ libre à BCE pour occuper l’espace, marquer de son empreinte cette période mouvementée et se présenter comme le sauveur de la Tunisie moderne. Mais voulant se maintenir au pouvoir pour mener ses réformes et son programme et contre carrer Nidaa, Ennahda va se draper de l’étendard du patriotisme du Général pour rassurer les tunisiens ,s’appuyer sur la neutralité de Rachid pour neutraliser ses adversaires et miser sur la droiture et la le sens du devoir de Ammar pour fédérer et ratisser large.
Ennahda se sait incapable de gouverner seule et par peur de faire glisser le pays dans la spirale de la division et de la violence, elle va jouer son va tout avec le Général Rachid Ammar qui présente les pré-requis indispensables pour accéder à la primature : neutre par rapports à tous les partis, patriote, maitrisant les rouages sécuritaires, fédérateur de tous les tunisiens progressistes démocrates et islamistes conservateurs , légaliste, disposant de soutiens étrangers, expérimenté ayant servi sous 3 présidents Ben Ali, Mbazaa et Marzouki et 5 gouvernements successifs Gannouchi 1 & 2 BCE, Jebali et Laareyedh , bénéficiant d’une cote de popularité élevée et au dessus des batailles idéologiques et des guerres d’égos.
N’en déplaisent aux vrais militants progressistes, islamistes, nationalistes, gauchistes, panarabistes, aux apprentis politiciens , aux révolutionnaires de la 25 ème heure , aux marchands de la religion, aux falsificateurs de l’histoire, aux nouveaux opportunistes de tous bords, aux traitres de la révolution et de la nation, c’est par votre impossibilité à élever le débat public, votre incompétence à gouverner, vos discours séparatistes, votre égoïsme , vos calculs politiciens , votre hypocrisie , votre avidité de pouvoir, votre cupidité, votre médiocrité, votre haine contagieuse, que vous avez placé sur orbite 2 personnages qui n’aspiraient qu’au repos des guerriers ; un vieux amiral de la politique usé par le poids des années et des responsabilités qui veut sauver son pays de l’emprise conservatrice et un Général de l’armée épuisé par l’ampleur de ses tâches qui veut fédérer et éviter au pays le syndrome d’une somalisation irréversible.
Jalel JEDDI
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