Il s’agit d’un groupe de rock alternatif turc qui a créé la surprise, cette année. « Dedublüman », avec leur répertoire singulier et leur scénographie, mi-sombre, mi-intensément éclairée, a happé son public présent dans une dimension musicale déroutante.
L’intro au violon et au Oud, soutenu par d’autres instruments autour, en dit long sur la richesse du répertoire, composé de 20 morceaux.
Pour la première fois en Tunisie et sur le continent africain, le groupe s’est doté des techniques sonores et d’éclairage les plus poussés pour assurer à leur public du Festival International de Hammamet un spectacle qui n’a rien à envier aux normes scéniques mondiales. La soirée du 7 août 2026 est une déflagration musicale inédite.
Le Leader du groupe, particulièrement porté sur le discours, n’a cessé d’alterner les salutations et les anecdotes en turc et en anglais, créant ainsi une proximité unique avec ses mélomanes, pour la plupart Jeunes, appartement à la Gen Z. Il chante la vie et magnifie le beau comme il manie les notes.
L’artiste, à force de vouloir se rapprocher de son public, tenait à savoir s’il y’avait des turcs présents sur place. Et il y’en avait quelques-uns. Loin de lui l’idée de se refermer dans sa culture dialectale natale, « Dedublüman » tenait à créer un pont entre deux pays proches : la Tunisie, pays hôte et la Turquie, pays d’origine.
Les morceaux oscillaient entre rock alternatif, musique calme, et d’autres morceaux plus rythmés. Les fans sont parfois connaisseurs, mais sur d’autres chansons, ils se laissent perdre dans la découverte. L’humain est au centre de toutes les paroles et traduit toute une époque broyée par les affrontements, les guerres, les injustices. La chanson « Belki », qui les a fait connaître dans le monde, n’a cessé d’être réclamée par le public. « Ruya Gibi », « Depresyon », ou « Firuze » ont fait l’effet d’une tornade.
Au-delà de la barrière de la langue, c’est tout un univers, une musique distinguée et des messages forts qui chamboulent la scène, ne laissent pas indemne le public et le bouleversent. Pari amplement gagné pour un groupe qui tient à puiser son répertoire dans son dialecte turc.
Fondé en 2010 à Istanbul, « Dedublüman » est porté par une identité musicale prononcée. Le groupe développe des compositions originales ainsi que des reprises réinterprétées à leur manière.
De l’écriture aux orchestrations, « Dedublüman » cultive une esthétique indépendante et authentique. Composé de musiciens multi-instrumentistes, le groupe fusionne guitare, oud, clarinette, piano et percussions. Grâce à ce métissage sonore, les artistes s’imposent comme des figures incontournables de la scène musicale turque contemporaine.
Au fil des figures qui défilent sur la scène du FIH, Najat Aâtabou s’apprête à conquérir son public tunisien, samedi 8 août 2026, le temps d’une soirée hautement prometteuse. Grand nom de la scène marocaine, c’est au tour du patrimoine musical marocain d’être honoré.

