Depuis le 14 janvier 2011 et l’amorce de la transition démocratique en Tunisie, les acteurs de la société civile n’ont cessé de jouer un rôle central à travers la veille citoyenne, sur le processus de réformes des institutions.
Les organisations des droits de l’homme et de défense des libertés figurent au premier rang dans le travail de fond pour repenser et bâtir une nouvelle société, qui soit pleinement fondée sur la culture du droit, sur les libertés individuelles et collectives, et sur la citoyenneté démocratique.
Loin de l’idée traditionnelle de société civile comme contre-pouvoir, le cas de la Tunisie a montré que dans des moments critiques de la transition, les organisations de la société civile ont su jouer aussi bien le rôle de collaboration et d’innovation, au service de la société en général, et en étroit dialogue avec les institutions nationales.
C’est autour de cette thématique qu’une conférence-débat sera organisée à Paris, le 14 décembre 2016. Elle constituera l’occasion d’illustrer trois dimensions phares : composition, intégration et innovation, ce qui amènera également à réfléchir de manière circonstanciée mais universalisable, sur le lien fondamental entre l’édification d’un état de droit, et la bonne santé de la société civile.
Ainsi, au-delà d’une opposition, ou une compétition binaire entre les acteurs, l’expérience tunisienne a montré que la transition démocratique ne peut être authentique et réelle que lorsque les trois dimensions sont présentes.
Lors de cette conférence, le rôle de collaboration, sera illustré par la manière particulièrement significative dont le chantier de réforme du système éducatif a été conçu.
Lancé en 2015, le pari consiste à composer le comité national de pilotage avec, d’une part, le Ministère de l’Education, et d’autre part deux organisations de la société civile (IADH-Institut arabe des droits de l’homme, et l’UGTT), chose inédite pour un tel chantier structurant.
Ce processus, participatif et inclusif de part en part, a pour devise « Pour un dialogue participatif sur l’école de la citoyenneté ». Il vise à faire en sorte que l’éducation de la nouvelle Tunisie soit l’objet de réflexion et de consultation de tous, y compris des élèves eux-mêmes et de leurs parents. C’est aussi cette alliance historique qui a pu permettre d’intégrer pleinement dans les textes de la réforme l’enseignement et l’approche droits de l’homme.
Enfin, le caractère innovant et créatif des acteurs de la société civile est remarquable dans les années récentes en Tunisie, et ce dans tous les domaines. Lors de cette conférence, l’expérience de l’Institut arabe des droits de l’homme (IADH) sera présentée, de par ses actions et ses structures. Cette expérience illustre en effet à la perfection la façon dont une organisation des droits de l’homme a su œuvrer, en accord et en soutien du le contexte national de transition, pour d’une part garantir l’intégration des principes des droits de l’homme dans les grands chantiers de réforme nationale, et pour d’autre part amener la culture et l’approche basée sur les droits de l’homme au plus proche de la population, notamment des plus vulnérables. C’est aussi la force de dialogue et de mise en place de synergies avec les acteurs internationaux, dont avec l’UNESCO, qu’illustre l’IADH. Ainsi, la philosophie de Dar Essaida nouveau Siège de l’IADH sera exposée en tant que modèle transposable dans la région et au-delà.
Cet événement est organisé par le Secteur des Sciences sociales et humaines de l’UNESCO (Bureau de Rabat), en collaboration avec la Délégation permanente de la Tunisie auprès de l’UNESCO, et l’Institut Arabe des Droits de l’Homme (Tunisie).
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