Le Premier ministre mauritanien, El Moktar Ould Djay, a présenté, vendredi 9 octobre, la démission de son gouvernement au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Cette décision intervient au lendemain de la remise au chef de l’État d’un rapport d’enquête sur deux incendies survenus en août dans des installations électriques de Nouakchott, qui avaient provoqué d’importantes coupures de courant.
Le gouvernement mauritanien a démissionné. Le Premier ministre El Moctar Ould Djay a remis sa démission et celle de son équipe au président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, lors d’une audience au palais présidentiel, a annoncé vendredi l’Agence mauritanienne d’information (AMI).
La décision intervient dans un contexte marqué par les conséquences politiques de la grave crise électrique qui a touché la capitale mauritanienne en août dernier. La veille, le chef de l’État avait reçu le rapport final de la commission indépendante chargée d’enquêter sur les incendies ayant affecté deux postes de transformation électrique de la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC).
Si la présidence n’a pas officiellement précisé les motifs de la démission, la proximité entre cette décision et la remise du rapport d’enquête place la gestion de la crise électrique au cœur des interrogations.
Deux incendies à l’origine de longues coupures
Les faits remontent aux 21 et 22 août 2026. Deux incendies se sont déclarés dans des installations électriques stratégiques de Nouakchott, notamment aux postes de transformation de Toujounine et de Tevragh Zeina.
Ces sinistres ont fortement perturbé l’approvisionnement en électricité de vastes secteurs de la capitale et de plusieurs localités environnantes. Selon des informations rapportées par des médias internationaux, les interruptions de courant ont duré entre trois et cinq jours selon les zones touchées.
La crise a affecté les activités économiques, les commerces, les ménages et plusieurs services essentiels. Les perturbations ont également compliqué le fonctionnement d’établissements de santé et d’autres infrastructures dépendant de l’alimentation électrique.
Face à la situation, les autorités avaient annoncé des mesures d’urgence pour rétablir le courant et réparer les installations endommagées.
Le rapport d’enquête pointe des défaillances
Le rapport de la commission indépendante, remis au président mauritanien jeudi 8 octobre, met en évidence plusieurs défaillances dans la préparation, l’exécution et le contrôle de travaux réalisés sur les installations concernées.
D’après les conclusions rapportées par la presse, les investigations ont notamment relevé des insuffisances dans le suivi technique des travaux, les mesures de prévention et les procédures de contrôle. Des problèmes liés à l’installation de nouvelles liaisons électriques figurent également parmi les éléments examinés.
La commission a formulé des recommandations portant notamment sur l’identification des responsabilités administratives et juridiques, la sécurisation des infrastructures électriques et l’amélioration de la gestion des installations de la SOMELEC.
Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a demandé la mise en œuvre des recommandations et ordonné la publication du rapport, selon les informations communiquées par les autorités.
Une démission aux conséquences politiques
La démission du gouvernement intervient ainsi au lendemain de la présentation des conclusions de l’enquête, alors que les circonstances des incendies et les défaillances relevées soulèvent des questions sur la gestion des infrastructures électriques.
Il convient toutefois de distinguer la succession des événements d’un lien de causalité officiellement établi : le communiqué de la présidence annonçant la démission ne précise pas les raisons de cette décision.
El Moctar Ould Djay avait été nommé Premier ministre en août 2024, au début du second mandat présidentiel de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Il dirigeait le troisième gouvernement formé par le président depuis son arrivée au pouvoir.
La démission ouvre désormais la voie à la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale. À ce stade, aucune annonce officielle n’a précisé l’identité du prochain Premier ministre ni le calendrier de la constitution du nouveau cabinet.
Au-delà du changement à la tête du gouvernement, les suites de cette crise dépendront notamment de la mise en œuvre des recommandations de la commission d’enquête et des mesures prises pour prévenir de nouveaux incidents sur le réseau électrique.

