Le suivi du plan d’action opérationnel des projets énergétiques à court, moyen et long termes, découlant de la stratégie nationale dans le secteur, a été au centre d’un conseil ministériel restreint tenu vendredi sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sara Zaafrani Zenzri.
À l’ouverture des travaux, la cheffe du gouvernement a souligné que la sécurité énergétique constitue une priorité absolue pour l’État. L’objectif est de garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité, d’améliorer l’efficacité de la production et de réduire le déficit énergétique ainsi que les coûts de production, afin de renforcer la compétitivité de l’économie nationale.
Il s’agit également de répondre aux besoins des ménages et des entreprises dans un contexte marqué par la hausse de la demande, les défis climatiques et les fluctuations géopolitiques sur les marchés de l’énergie, indique un communiqué de la présidence du gouvernement.
Un plan intégré à court, moyen et long termes
Lors de ce conseil, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, a présenté le plan d’action opérationnel des projets énergétiques.
Cette feuille de route repose sur une approche intégrée combinant la mobilisation de capacités de production supplémentaires, la remise en service des capacités disponibles, le développement des énergies renouvelables et des systèmes de stockage de l’électricité, ainsi que le renforcement des mesures de maîtrise de la consommation et des mécanismes de gestion de la demande.
Ces mesures visent notamment à mieux équilibrer l’offre et la demande pendant les périodes de forte consommation.
Le plan prévoit plusieurs interventions à court, moyen et long termes afin d’accroître l’efficacité et les capacités de production électrique disponibles.
Les principaux projets à court terme
À l’issue des discussions, le président-directeur général de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), accompagné du directeur général adjoint de l’entreprise, a présenté les principales composantes du programme à court terme.
Les projets annoncés portent notamment sur les mesures suivantes :
- Amélioration des centrales existantes : installation de systèmes de refroidissement de l’air à l’entrée des turbines, afin d’améliorer les performances des unités de production et de dégager une capacité supplémentaire estimée à 250 mégawatts (MW).
- Stockage de l’électricité par batteries : mise en place d’un système d’une puissance de 300 MW, doté d’une capacité de stockage de 600 mégawattheures (MWh).
- Nouvelles capacités au gaz : acquisition et installation de moteurs à gaz d’une puissance totale de 200 MW.
- Centrale de Borj El Amri : acquisition et mise en service d’une troisième turbine à gaz d’une puissance de 300 MW.
- Remise en service de capacités existantes : rétablissement de la totalité de la capacité de production des centrales de Kchabta et de Mateur, estimée à environ 190 MW.
- Développement des énergies renouvelables : intégration d’environ 300 MW issus de projets renouvelables avant l’été 2027, auxquels s’ajouteront près de 40 MW dans le cadre de la cinquième session du régime des autorisations.
- Parc éolien de Sidi Daoud : extension du site afin d’intégrer une capacité supplémentaire d’environ 30 MW.
- Centrale photovoltaïque de Beni Mhira : réalisation d’une installation de 50 MW, accompagnée d’un système de stockage de 20 MWh.
- Centrale photovoltaïque de Tataouine : réalisation d’une installation de 200 MW, équipée d’un système de stockage de 100 MWh.
- Maîtrise de la demande : réduction de la consommation de 300 MW pendant les périodes de pointe afin d’alléger la pression sur le réseau électrique.
Cap sur 35 % d’électricité renouvelable en 2030
En clôture du conseil, la cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’accélérer la réalisation de l’ensemble des projets présentés par la STEG et d’en assurer un suivi sur le terrain afin de respecter les objectifs fixés.
Elle a également appelé à accélérer les projets de production d’électricité à partir des énergies renouvelables, à travers les différents mécanismes disponibles : l’autoproduction, le régime des autorisations et celui des concessions.
Le développement des énergies renouvelables constitue, selon elle, un choix stratégique pour renforcer la sécurité énergétique et garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité. À cet égard, elle a rappelé que la Tunisie s’est fixé pour objectif de porter à 35 % la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à l’horizon 2030.
La cheffe du gouvernement a, par ailleurs, souligné l’importance de moderniser le réseau électrique, de déployer des compteurs intelligents, d’accroître les capacités de stockage de l’électricité et de renforcer l’efficacité énergétique dans les différents secteurs de l’économie.
Ces mesures doivent permettre d’améliorer l’autonomie et la flexibilité du système électrique face aux pics de consommation et aux défis climatiques, tout en garantissant la couverture des besoins énergétiques du pays.
Enfin, elle a appelé les citoyens et les entreprises à participer activement aux programmes nationaux de rationalisation de la consommation d’électricité, en particulier durant les périodes de pointe, afin de renforcer la capacité du système électrique à répondre à la demande.
(TAP)

