Les ressortissants tunisiens restent parmi les principales nationalités d’origine des personnes qui acquièrent la nationalité française. Selon les données du ministère français de l’Intérieur, 6 978 Tunisiens sont devenus français en 2025, contre 7 250 en 2024. Un recul de 3,8 %, dans un contexte marqué par le renforcement des exigences linguistiques et civiques et par une baisse générale des acquisitions de nationalité.
L’accès à la nationalité française devient plus exigeant, mais continue de concerner un nombre important de ressortissants maghrébins, notamment tunisiens. Les statistiques du ministère français de l’Intérieur montrent que les citoyens originaires du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie occupent une place majeure parmi les étrangers qui deviennent français.
En 2025, 32 172 ressortissants de ces trois pays ont acquis la nationalité française, contre 33 706 en 2024, soit une baisse de 4,6 %. Les Marocains arrivent en tête avec 13 643 acquisitions, suivis des Algériens avec 11 551, puis des Tunisiens avec 6 978.
Pour ces derniers, le recul reste modéré : 272 acquisitions de moins en un an, soit une diminution de 3,8 %. Malgré cette évolution, la Tunisie demeure le troisième pays du Maghreb en nombre d’acquisitions de la nationalité française, derrière le Maroc et l’Algérie.
Ces chiffres témoignent de l’importance des liens humains entre la France et les trois pays du Maghreb, où les relations historiques, familiales, professionnelles et migratoires avec l’ancienne puissance coloniale continuent de peser dans les parcours individuels.
Près de 7 000 Tunisiens devenus français en un an
Le nombre de Tunisiens ayant acquis la nationalité française a connu des variations au cours des dernières années. Les séries statistiques disponibles font état de 4 304 acquisitions en 2019 et d’environ 5 300 en 2021. Les données publiées pour 2022 et 2023 font également apparaître des niveaux différents, en partie en raison des révisions statistiques et des différences de périmètre retenu.
Les chiffres les plus récents indiquent toutefois une hausse marquée en 2024, avec 7 250 acquisitions, suivie d’un léger recul en 2025, à 6 978.
Cette évolution doit être interprétée avec prudence. Les statistiques relatives à l’acquisition de la nationalité française regroupent plusieurs procédures : naturalisation par décret, acquisition par déclaration à la suite d’un mariage avec un ressortissant français et autres voies prévues par la législation. Elles ne correspondent donc pas uniquement aux naturalisations soumises aux critères administratifs renforcés.
À plus long terme, une étude publiée par le média tunisien Webmanagercenter estime à environ 146 000 le nombre de ressortissants tunisiens ayant acquis la nationalité française entre 2004 et 2023. Le même travail avance des totaux de 404 000 pour les Marocains et de 323 000 pour les Algériens sur cette période.
Des conditions d’accès de plus en plus strictes
Cette présence importante des ressortissants maghrébins parmi les nouveaux Français intervient au moment où les autorités françaises renforcent les conditions d’accès à la nationalité.
Une circulaire signée le 2 mai 2025 par Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, a demandé aux préfets d’appliquer des critères plus exigeants en matière d’intégration, d’autonomie financière, de respect des lois et de maîtrise de la langue française.
Les effets de ce durcissement apparaissent dans le bilan de 2025. Selon le rapport du ministère de l’Intérieur, la proportion de propositions favorables à la naturalisation, supérieure à 70 % au début de l’année, est tombée à 50 % en moyenne au quatrième trimestre.
Dans le même temps, les demandes d’accès à la nationalité ont augmenté. L’administration a enregistré 178 879 dossiers en 2025, contre 151 156 en 2024, soit une hausse de 18,3 %. Malgré l’augmentation du nombre de dossiers traités, les acquisitions relevant du ministère de l’Intérieur ont reculé de 6,8 %, à 62 235.
Ces données concernent l’ensemble des nationalités et des procédures comprises dans le bilan. Elles ne permettent pas, à elles seules, de déterminer combien de Tunisiens ont été refusés en 2025 ni de mesurer précisément l’effet des nouvelles règles sur cette seule nationalité.
Le français B2 et l’examen civique, nouveaux passages obligés
Depuis le 1er janvier 2026, les candidats à la naturalisation doivent satisfaire à de nouvelles exigences. Le niveau de français requis est passé de B1 à B2, à l’oral comme à l’écrit. Ce niveau suppose une capacité à comprendre des textes complexes, à s’exprimer avec aisance et à défendre un point de vue de manière structurée.
Un examen civique est également exigé pour les procédures concernées. Il porte notamment sur les institutions françaises, les principes et les valeurs de la République, les droits et les devoirs des citoyens, ainsi que sur l’histoire, la géographie et la culture du pays.
Ces obligations s’ajoutent à l’examen du parcours du candidat, de sa situation professionnelle et financière et de son assimilation à la société française. Pour les Tunisiens qui souhaitent obtenir la nationalité française, comme pour les autres demandeurs, la préparation linguistique et civique prend ainsi une importance accrue.
Un lien franco-tunisien qui reste fort
Le nombre de Tunisiens devenus français demeure significatif, malgré le léger recul observé en 2025. Les quelque 7 000 acquisitions enregistrées cette année-là illustrent la permanence des liens entre les deux pays et la diversité des parcours de ceux qui choisissent de faire de la France leur pays de nationalité.
Pour autant, les chiffres disponibles ne permettent pas de conclure que le durcissement des conditions a déjà entraîné une baisse spécifique des naturalisations tunisiennes. Pour établir cette relation, il faudrait disposer d’une série détaillée distinguant, année par année, les acquisitions par décret et par déclaration, les nationalités d’origine et les décisions favorables ou défavorables.
Une tendance se dessine néanmoins à l’échelle nationale : les demandes augmentent tandis que les décisions favorables se raréfient dans certaines procédures. Pour les candidats tunisiens, l’enjeu est désormais de satisfaire à des critères d’intégration plus élevés dans un contexte administratif devenu plus sélectif.
Sources de référence : ministère français de l’Intérieur, rapport au Parlement sur les données de 2025 et statistiques relatives à l’accès à la nationalité française
B.O

