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Pourquoi un Président…! ?

16 septembre 2013
in Chroniques
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Qui aurait cru que le Président de la République Moncef Marzouki, redoutable  défenseur des droits de l’Homme, souffrait d’addiction maladive au pouvoir au point de renier ses engagements et ses convictions.

Intronisé non pas grâce au suffrage universel mais  à la faveur d’une équation politicienne de partage inéquitable de pouvoir, notre Président ébloui par les fastes de la république et aux ordres  d’une  nouvelle garde plus prompte à la compromission qu’à la construction d’une vraie démocratie, a concédé à ses alliés de conjoncture des concessions qui ont irrité  ses propres partisans au point d’exploser son parti le CPR.

Ses camarades de lutte ne le reconnaissent plus et les fidèles dépositaires des valeurs universelles des droits de l’homme quittent un à un le navire et dénoncent la dérive présidentialiste du docteur président, son isolement et les manipulations et les calculs de ses nouveaux conseillers tuteurs.

Comment une icône  de la défense des droits de l’homme  intronisé Président par un savant calcul politicien, peut-il cautionner  autant d’entraves qui entachent cette transition démocratique ?

Comment un homme présidant aux destinées d’un peuple qui s’est révolté contre le clientélisme peut-il institutionnaliser le système de courtisans et privilégier ainsi l’allégeance à la compétence ?  

Comment peut-il justifier l’implosion de son parti et la défection de ses ténors comme Abbou, Om Zied, Massoudi, Ben Abbes qui ne se reconnaissent plus dans le nouveau parcours du président militant ?

Les dérives présidentialistes du Docteur, les limites et l’indigence de ses ministres CPRistes et son armada de conseillers et son absence des tractations pour venir à bout de la crise qui secoue le pays ont fini par  couper le lien très mince entre le Président supposé de tous les Tunisiens et son peuple.   

Si la révolution a changé la mentalité du peuple qui revendiquait un Président Arbitre au dessus des partis, force est de constater que la  conception du pouvoir  de nos politiciens   militants n’a fait que substituer les pouvoirs d’un chef omniprésent à un parti omnipotent.  

Pourquoi alors un Président de la République qui  ne peut pas tracer les perspectives d’une Tunisie moderne, unie et prospère ? Pourquoi un Président  alors que les libertés sont confisquées et les droits de l’homme bafoués ? Pourquoi un Président alors que seuls les  Partis sont dépositaires du sort du pays ? Pourquoi un Président alors que le peuple est l’otage de politiciens peu scrupuleux ? Pourquoi un Président alors que la souffrance bat son plein et que l’avenir et le salut d’un pays  sont suspendus à la volonté de deux gourous sexagénaires avides de pouvoir et prompts aux calculs machiavéliques ?

La crise politique actuelle qui secoue la Tunisie  est en train de provoquer un vrai désordre social  et d’aggraver la crise économique entachant ainsi l’embellie qui a suivi les élections  du 23 Octobre 2011.

La désespérance bat son plein, le chômage s’accentue, la violence se banalise, les droits de l’homme bafoués, le sang a coulé, les libertés confisquées, les  prix ont flambé,  les milices institutionnalisées, l’image des politiciens écorchée et nos militants démocrates, jadis opprimés et se prévalant de la posture de fervents défenseurs de la veuve et de l’orphelin, se révèlent d’apprentis sorciers plus préoccupés par le pouvoir et les fastes de la république que par le sort du peuple.   

Le  Président est aux abois.  Il a promis que tout allait  s’améliorer au bout de  6 mois, et qu’il faut être patient, qu’il faut capitaliser sur ce printemps fleuri, que l’attractivité de la Tunisie est grandissante,  qu’il faut faire confiance à nos gouvernants qui ont besoin de temps et que si rien n’est réalisé , il allait démissionner .

Les Tunisiens sont las des promesses non tenues et ne se reconnaissent plus dans un Président absent plus préoccupé à écrire ses mémoires et ses contributions valeureuses et ses tribunes avant-gardistes à Al Jazeera qu’à s’occuper de la crise qui secoue la scène  politique , aux investisseurs qui désertent le pays, à la violence qui menace les citoyens, aux atteintes qui frappent les intellectuels, au séparatisme qui guette notre unité, aux dérives autoritaires des nouvelles milices qu’il reçoit en grandes pompes au palais, au clientélisme qui fait rage et qu’il a tant combattu et à l’extrémisme et au terrorisme qui menacent le pays.  

Jalel JEDDI

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