
C’est aujourd’hui la rentrée scolaire en Tunisie. Et depuis quelques jours ce n’est que verbiage à ce sujet. Entre vœux pieux de la part de certains, et murs des lamentations de la part d’autres. Voilà la troisième rentrée depuis la révolution et rien ne semble vraiment bouger.
Autant je peux comprendre que les grandes réformes de notre système éducatif ne peuvent être entreprises tant qu’on n’a pas traversé cette période de transition et qu’il n’y ait pas eu d’élections, une législature issue des votes, et un gouvernement qui aurait les coudées franches pour s’y atteler; autant je ne peux concevoir qu’après la chute de la dictature, on ne peut se mettre d’accord sur quelques mesurettes d’urgence pour soulager les familles pauvres et les aider à faire rentrer leurs enfants à l’école avec le minimum requis.
Aucun parti, majorité comme opposition, n’a cru bon de se distinguer et proposer une mesure telle qu’une allocation de rentrée scolaire pour les familles les plus nécessiteuses, ou ne serait-ce qu’un coup de pousse provisoire en attendant les programmes définitifs des uns et des autres, et la mise en place d’un projet de loi définitif dans ce sens!
Au contraire, certains, adeptes du commerce électoral, ont cru bon de sortir un communiqué aujourd’hui (15/09) la veille, pour verser une larme et critiquer le « flou » du gouvernement quant à l’organisation de la rentrée, et recommander de prendre un soin particulier « des enfants des martyrs politiques, militaires et policiers » (dixit parti Al Jomhouri, communiqué publié le 18/09/2013). Quid des enfants des déshérites, donc. Ces enfants, paraît-il, ne sont ni émotionnellement ni médiatiquement porteurs!
A moins que comme me disait cette femme d’affaires militante féministe hier lors d’un échange, à qui j’ai rappelé qu’il ne faut pas oublier les femmes (majoritaires) dans notre pars qui triment et souffrent surtout dans les champs et dans les usines dans des conditions souvent inhumaines, au lieu de focaliser seulement sur des femmes -35 ans qui ne pourraient ( selon la rumeur) « voyager pour congrès à l’étranger » ou « shopping à Milan » (pancartes arborées lors de la manifestation à l’aéroport Tunis-Carthage samedi 14/09/2013 ; réponse qui a le mérite d’être franche et claire : « Moi, je milite pour mes convictions et mes intérêts, à chacun sa merde »! Les oreilles m’en piquent encore.
Abdelaziz Jaziri
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