Rosemary DiCarlo : « Voici les crises à surveiller en priorité»

 Rosemary DiCarlo : « Voici les crises à surveiller en priorité»

Alors que le monde et les Nations Unies font face à de multiples crises, ONU Info a rencontré la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, qui  explique lors de cette interview son rôle et les crises à surveiller en ce début d’année.

Quel est le rôle de la cheffe des affaires politiques de l'ONU ?

 Mon rôle est double. Le premier consiste à aider à résoudre les conflits et à prévenir les conflits. Notre rôle au sein du Département des affaires politiques - qui deviendra bientôt Affaires politiques et consolidation de la paix - est très axé sur la prévention des conflits. Et nous travaillons sur un éventail de questions, dont beaucoup ne sont pas portées devant le Conseil de sécurité. Notre objectif est d’aider à les résoudre avant qu’elles ne viennent au… Conseil 

C’est la première fois, à ce poste, que vous couvrez le monde entier ?

En tant qu'adjointe à la mission américaine auprès des Nations Unies, j'ai beaucoup travaillé sur des questions soumises au Conseil de sécurité. Mais là où je me trouve maintenant, c’est d'autant plus compliqué qu'il faut un ensemble de compétences différent pour travailler avec autant d'individus et de pays pour pouvoir aider à résoudre un problème particulier ou parvenir à un accord sur des questions spécifiques.

Quelles sont les crises à surveiller en ce début d’année ?

Il y’a le Yémen. Les images d'enfants yéménites affamés ont bouleversé le monde l’an dernier, alors que plus de huit millions de Yéménites sont au bord de la famine, dont 1,8 million d'enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë.

La situation humanitaire au Yémen est dramatique en raison des destructions et des pertes en vies humaines depuis 2011. Dans ce contexte, l'ONU est heureuse de voir les deux parties en conflit - le gouvernement et les rebelles houthis - unir leurs efforts en Suède en décembre 2018 pour discuter de la fin du conflit.

Il y a maintenant des observateurs de l'ONU sur le terrain, dirigés par le général néerlandais à la retraite Patrick Cammaert, pour surveiller les éventuelles violations du cessez-le-feu dans la ville portuaire de Hodeïda, et pour aider à ouvrir des passages pour que l'aide puisse être reçue dans ce port et distribuée dans d'autres régions du pays.

 L'accord de cessez-le-feu n'est qu'un début ?

Oui l'accord de cessez-le-feu n'est qu'un début et il reste encore beaucoup à faire pour résoudre le conflit au Yémen, mais c'est un très bon début. Ces progrès ont été réalisés Grace aux bons offices de l’Envoyé spécial Martin Griffiths.

Et la Syrie ?

Après près de huit ans de guerre, plus de 13 millions de personnes ont besoin d'aide, dont 6,1 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays et 5,5 millions de personnes réfugiées en Iraq, en Jordanie, au Liban et en Turquie.

La Syrie nous occupe depuis longtemps et nous n'avons pas vraiment avancé sur la question d’un processus politique, mais notre intention est de continuer à soutenir ces efforts.

À partir de janvier, les efforts de négociation diplomatique sous l’égide de l'ONU seront dirigés par Geir Pederson, qui succède à Staffan de Mistura.

Les dernières discussions ont porté sur l’élaboration d’une nouvelle Constitution plus inclusive dans la Syrie de l’après-guerre, qui a fait l’objet de consultations intensives entre trois pays très investis dans l’avenir de la Syrie - l’Iran, la Russie et la Turquie.

La nouvelle année apporte de nouvelles inconnues, dont la récente annonce par les États-Unis du retrait de leurs troupes de Syrie, et ce que cela signifie pour le conflit et pour les personnes affectées.

Qu’n est-il de la crise des réfugiés rohingyas ?

 Nous n'avons pas vu de progrès, ni de conditions propices au retour des réfugiés, à la fois en termes de configuration physique et de garanties politiques », a déclaré Mme DiCarlo à ONU Info sur la situation des réfugiés rohingyas qui ont fui le Myanmar pour le Bangladesh.

En vertu d'un accord conclu entre les deux pays, des milliers de réfugiés qui ont fui à partir d'août 2017 devaient rentrer au Myanmar en novembre 2018. Mais personne n'a voulu le faire par crainte de l'armée du Myanmar et d'autres groupes accusés de génocide.

L'ONU a nommé un Envoyé spécial chargé de collaborer avec le gouvernement du Myanmar afin de renforcer la coopération pour faire face à cette crise. Christine Schraner Burgener a rencontré Aung San Suu Kyi et d’autres hauts responsables gouvernementaux. Sa tâche consiste à travailler avec le gouvernement pour tenter de résoudre les problèmes en suspens et l'aider à mettre en place un cadre permettant le retour des réfugiés.

Et pour la Colombie ?

En 2016, les rebelles des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) ont déposé les armes après 50 ans d’un conflit sanglant qui a tué plus de 260.000 personnes et déplacé environ sept millions de personnes.

Rosemary DiCarlo s'est rendue en Colombie au début du mois de décembre et a rencontré des anciens combattants devenus parlementaires, tailleurs, boulangers et enseignants.

Les Nations Unies ont aidé ces communautés à développer leurs moyens de subsistance afin qu'elles puissent se détourner des activités du mouvement auquel elles appartenaient. J’ai vu un certain nombre de FARC à présent à l'Assemblée législative qui sont très fiers d'un groupe qui prend des décisions concernant l'avenir du pays.

Le processus de réintégration a progressé mais il reste néanmoins très complexe?

 Il reste encore beaucoup à faire, mais je pense que l’ONU peut être fière du rôle qu’elle a joué pour aider à la conclusion d’un accord, mais aussi pour vérifier sa mise en œuvre.

Dans le cadre de cet accord, une cour spéciale examine les crimes flagrants commis pendant le conflit et une commission de la vérité mise en place en mai espère aider les victimes à surmonter le traumatisme du conflit. Beaucoup de gens sont extrêmement reconnaissants de voir que la violence qu’ils ont subie est terminée. Bien que des groupes criminels soient toujours à l’origine de la violence, il s’agit d’un processus à long terme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Votre commentaire

  • Soumis par pierrick le guillou le 6 Janvier, 2019 - 12:11
    dommage que vous n ayez pas développé la crise terrible du Venezuela..par contre vous n hésitez pas à parler de la Colombie où il n y a plus de crise humanitaire où s il y en a une ce seradue à l arrivée massive de vénézuéliens..mais la pas 7n mot désolant
    Adresse mail: 
    pierrick77@Hotmail.com..gros