
La participation de Saïda Agrebi au sommet international des politiques sociales et de la famille qui s’est tenu, du 2 au 3 à Ankara, continue à alimenter la polémique en Tunisie.
Le gouvernement tunisien s’est dit choqué par cette participation et s’est empressé de demander aux autorités turques son extradition, qui a été, rappelons-le, refusé le 13 août dernier par la France.La justice française a justifié à l’époque sa décision par sa conviction qu’il n’existe pas d’éléments probants pouvant inculper Saida Agrebi dans l’affaire instruite contre elle par un juge d’instruction au tribunal de première instance de Tunis, concernant sa gestion de l’ATM dont elle était présidente.
Pour connaître la position de la concernée, Espacemanager lui a envoyé par mail ces quelques questions auxquelles elle a accepté de répondre.
Espace Manager: Comment réagissez-vous à la tempête qu’a provoquée votre participation au sommet international des politiques sociales et de la famille qui vient de se tenir en Turquie ?
Saïda Agrebi: Je suis étonnée par cette campagne diffamatoire et ce harcèlement renouvelable. Pourtant depuis la décision du tribunal de Paris qui a refusé mon extradition suite aux accusations non fondées pour un mandât d’arrêt international via Interpol, je pensais que les gens ont compris que j’étais innocente et que l’affaire était montée de toutes pièces.
D’ailleurs même mon avocat, lors de sa visite a Tunis, a bien affirmé après entrevue avec le juge d’instruction et le doyen des avocats le non sérieux de l’affaire, que je ne pouvais retirer une somme de dix mille dinars de mon ONG sachant que j’ai laissé dans les comptes de l’organisation tunisienne des mères plus d’un million de dinars ….
Il semble que depuis la décision de la justice française de ne pas vous extrader vous avez repris vos activités normalement ?
Depuis que mon innocence a été prouvée, j’ai repris mes activités internationales en tant que membre élue dans plusieurs réseaux mondiaux et onusiens tels que l’organisation mondiale de la famille, des mères ou le réseau de solidarité de la femme africaine.
Dans quel cadre s’est inscrite votre participation à ce fameux sommet international qui a lieu à Ankara ?
Reconnue sur la scène mondiale en tant qu’experte ou consultante ou spécialiste internationale des domaines sociaux, éducationnels, culturels au niveau de la société civile, de la famille et c’est exactement dans ce cadre que j’étais invitée en tant que « Guest Speaker » pour parler de l’impact du renforcement de la famille en tant que noyau principal de la société.
Donc au titre de mon appartenance à ces réseaux internationaux tant au niveau de spécialiste et activiste familiale ou en tant que vise-présidente élue pour mon expertise personnelle chargée de la communication au sein de l’organisation mondiale de la famille, que j’ai participé.
Vous avez même été honorée ?
Oui mais je n’étais pas la seule. Le prix a été décerné par les autorités turques a tous ceux qui ont présenté une conférence basée sur une recherche scientifique au premier sommet international des politiques familiales et les changements sociaux organisé par le ministère de la Famille et des Affaires sociales pour une audience de plus d’un millier de participants venus du monde entier et de toute la Turquie.
Le gouvernement tunisien s’est dit choqué par votre participation, ainsi que par le prix qui vous a été décerné ; avant de demander votre extradition ?
Je voudrais dire au gouvernement que je n’ai commis aucun délit et encore moins de crimes ou affaires de corruption pour que je sois harcelée de la sorte, il est vrai que je n’ai pas représenté la Tunisie que je porte très précieusement dans mon cœur mais le fait qu’une Tunisienne soit reconnue et primée mondialement devrait faire plaisir au gouvernement qui devrait sérieusement se pencher sur mon cas, prouvé par mon innocence et me permettre en toute légalité et sécurité de rejoindre mon pays et ma famille dont j’étais privée injustement depuis plus d’une année.
Où vivez-vous actuellement ?
Actuellement je réside en France, je continue à écrire, à faire des recherches et à contribuer de mes expériences a l’échelle internationale en attendant de pouvoir le faire à partir de mon pays qui demeurera une référence et un exemple.
Votre dernier mot pour la fin de cet entretien ?
C’est dommage de continuer à récolter les ragots et colporter les rumeurs et les médisances a tort et a travers. Je demande seulement que justice soit faite. J’ai confiance en la justice de mon pays et j’espère retourner le plus tôt en Tunisie.
Propos recueillis par C.C.
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