Les atteintes visant les journalistes et photojournalistes ont connu une hausse en septembre 2026, avec treize cas recensés contre huit en août. C’est ce qui ressort du rapport mensuel du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), publié lundi 26 octobre 2026.
Les campagnes d’incitation contre les professionnels des médias représentent plus de la moitié des atteintes enregistrées.
Selon l’unité de monitoring du Centre de sécurité professionnelle du SNJT, quinze signalements ont été reçus au cours du mois de septembre. Après vérification, treize cas ont été retenus. Ils concernent quinze journalistes et photojournalistes, dont sept femmes.
Les victimes exerçaient au sein de huit médias, à savoir trois sites électroniques, deux stations de radio, deux chaînes de télévision et une agence de presse. Parmi ces médias, deux étaient étrangers.
Les campagnes d’incitation, principales atteintes recensées
Avec sept cas sur les treize enregistrés, les campagnes d’incitation constituent la principale forme d’atteinte à l’encontre des professionnels des médias. Le rapport fait également état de deux entraves à l’exercice du métier de journaliste, de deux cas de poursuites judiciaires, d’un cas de harcèlement et d’une détention arbitraire.
Sur le plan des lieux où ces atteintes ont été commises, sept cas ont été signalés sur les réseaux sociaux, contre six dans l’espace physique.
La répartition géographique montre une forte concentration des incidents dans le gouvernorat de Tunis, qui totalise dix cas. Les trois autres ont été signalés dans les gouvernorats de l’Ariana, de Mahdia et de Médenine, à raison d’un cas pour chacun.
Le SNJT dénonce les entraves au travail journalistique
Dans son rapport, le SNJT a également relevé plusieurs situations dans lesquelles des journalistes auraient été empêchés de couvrir certains événements ou auraient subi des pressions lors de reportages sur le terrain, notamment pendant les inondations et les mouvements sociaux.
Le syndicat a notamment dénoncé le recours à des autorisations administratives dont le fondement juridique n’était pas clairement établi, ainsi que l’intervention de responsables locaux dans le déroulement de certaines couvertures médiatiques.
Face à ces pratiques, le SNJT a appelé la présidence du gouvernement à mettre en place un mécanisme permettant de recevoir et d’assurer le suivi des plaintes déposées par les journalistes contre les abus imputés à des responsables publics.
Il a également exhorté le ministère de l’Intérieur à ouvrir des enquêtes administratives sur les entraves signalées et à rappeler aux unités sécuritaires leur obligation de respecter les garanties procédurales applicables aux journalistes lors des convocations, des auditions et des gardes à vue.
Par ailleurs, le SNJT a demandé la libération immédiate des journalistes emprisonnés ainsi que l’arrêt des poursuites engagées à leur encontre en dehors du cadre juridique régissant la liberté de la presse, de l’impression et de l’édition.

