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Sommes-nous si naïfs ?!

15 septembre 2012
in Chroniques
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Il aura fallu qu’un inconnu, un intrus du monde du cinéma, ponde un navet pour que cela fasse tâche d’huile et embrase, tel un feu de brousse, tout le monde arabe. De Tunis à Jakarta, en passant par Khartoum, Le Caire, Benghazi, Téhéran, Sana, Bagdad… Rarement la rue arabe n’a été en pleine effervescence. On n’avait pas vu ça depuis les «Versets sataniques» de Salman Rushdie.

A l’origine de ce tsunami, un film qui traine tous les superlatifs. Qualifié de «répugnant» par Ban Ki moon, et d’«écœurant» par Hillary Clinton, «Innocense of Muslims» est produit par un inconnu du nom de Nakoula Basseley Nakoula, un Copte habitant la Californie. Dans les extraits qui ont fait le tour du web, l’homme porte cruellement préjudice aux musulmans du monde entier en donnant une description erronée de la vie du Prophète Mohamed, en évoquant notamment les thèmes de l’homosexualité et de la pédophilie, avant d’assimiler l’Islam à un «cancer». Une énième provocation gratuite venue encore une fois de l’Occident !

Que les musulmans du monde entier manifestent leur colère et leur indignation, quoi de plus normal ! Mais ce qui l’est beaucoup moins, c’est la façon de réagir. Ce qui s’est passé vendredi dans nombre de capitales arabes, Tunis en particulier, est une honte et dénote le degré d’infantilisation des masses arabes.

Au lieu de manifester dans le calme et répondre aux provocations par le verbe et l’intelligence comme l’aurait fait le Prophète Mohamed en personne, la rue arabe vient de renvoyer encore une fois l’image qu’on lui a toujours collée. Une rue sauvageonne, manipulable à merci, incapable de contrôler ses nerfs et surtout spécialiste de l’amalgame à la limite de la bêtise. La preuve, certains manifestants ignoraient même la cause de toute cette violence ! Leur a-ton juste susurré qu’on a insulté leur Prophète et pas plus !

Comme si les répercussions néfastes du printemps arabe et la situation économique et sociale critique que nous vivons ne suffisaient pas à notre peine et désarroi, nous venons encore une fois de nous en prendre à un pays «ami», ternissant encore plus aux yeux des investisseurs notre image de pays modéré et civilisé. Et pire, nous nous entretuons !

Au gouvernement et surtout au ministère de l’Intérieur d’assumer ses responsabilités. Dans un pays où l’état d’urgence est encore en vigueur, où toutes les manifestations sont censées être encadrées et contenues, comment expliquer que pareille manquement sécuritaire puisse se produire ? Notre police et notre armée n’étaient-elles pas capables d’éloigner les manifestants et de sauver nos intérêts et ceux d’un pays hôte ? Pourtant, l’on savait la menace palpable, visible à l’œil nu. A moins d’être sourd et aveugle !

Comment cette horde de manifestants  surexcités, fanatiques, écervelés et impulsifs  ont-ils pu  piller, saccager et brûler l’ambassade et l’école américaines sans que nos forces de l’ordre ne puissent les en empêcher ? Peut-être, suis-je un peu trop naïf, alors qu’on m’explique comment cela a-t-il pu arriver ? Nous pouvons comprendre la réaction de Youssef Seddik qui n’a pas raté le ministre de l’Intérieur lors d’un débat télévisé.

L’intellectuel tunisien n’avait-il pas raison finalement de demander  (les yeux dans les yeux) à Ali Laarayedh de démissionner de son poste pour avoir «échoué comme ministre de l’Intérieur à assurer la sécurité dans le pays ?»

Finalement, ce parfait inconnu de l’industrie du cinéma,  qui a l’Islam en horreur, a sans doute sciemment voulu, par le biais de ce film financé à 100 % par des particuliers (l’Etat US n’est ni de près ni de loin responsable de ce brûlot) mettre le feu dans les pays arabes. Et youpi ! Le piège a bien fonctionné.

Je rêve du jour où l’on saura mettre en avant notre matière grise pour répondre aux provocations. Je rêve aussi du jour où une loi contre l’atteinte au sacré figurerait dans la déclaration universelle des droits de l’Homme. En attendant !

O. D.

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