
La diffusion d’un mauvais film blasphématoire envers l’Islam et offensant envers le Prophète a déchainé les passions et suscité une vague de violence qui a déferlé sur diverses villes du monde arabo-musulman ; cette violence ayant atteint son paroxysme à Benghazi en Libye, ville dans laquelle 4 Américains dont l’Ambassadeur, ont été tués.
Nous pensions naïvement que la Tunisie, dont le peuple est connu pour son niveau d’instruction élevé et son civisme, était immunisée contre de tels agissements ; malheureusement, c’était mal connaître cette nouvelle Tunisie post 23 octobre 2011, dans laquelle une certaine catégorie de personnes, qu’un certain Cheikh qualifie de «nos enfants», se sentent au dessus de toutes les lois et se permettent de commettre des actes graves, aux conséquences incalculables.
Ainsi, en ce vendredi 14 septembre 2012 juste après la prière du vendredi, une horde d’énergumènes armés de bâtons et d’armes blanches et munis d’échelles, s’est formée devant la Mosquée Al Fath située au cœur de la ville de Tunis. Hommes en Kamis et femmes en Niqab se dirigent, certains transportés dans des camionnettes d’autres à pieds, vers l’Ambassade des USA située à près de 10 kilomètres de là.
Bizarrement, ce cortège insolite, qui aurait dû susciter l’inquiétude des forces de l’ordre, ne rencontre aucune résistance sur son chemin et atteint sans encombre sa destination finale en début d’après midi. Se croyant apparemment dans une nouvelle «Ghazouatou Badr», des barbus excités se lancent à l’assaut de l’Ambassade, celle que nous avions l’habitude de considérer comme une forteresse inexpugnable. Munis d’échelles, ils arrivent à escalader le mur d’enceinte, à arracher le drapeau américain pour le replacer le drapeau noir des Djihadistes et à lancer des cocktails Molotov à l’intérieur même de l’imposante bâtisse.
Les forces de police, peu nombreuses et insuffisamment préparées pour faire face aux combattants d’Allah, n’arrivent pas à contenir les assaillants et se font déborder.
Il est légitime de se poser certaines questions : qu’est devenue la redoutable police tunisienne ? Comment se fait-il qu’elle se fasse déborder de telle manière, dans un endroit ultra-sécurisé, situé à quelques centaines de mètres du quartier général de la Garde Nationale ?
La police tunisienne ne servirait-elle plus qu’à tabasser de paisibles citoyens qui fêtent pacifiquement un évènement historique comme celui du 9 avril par exemple?
Autant de questions qui resteront probablement sans réponse !
Entre temps-temps, les terribles images dignes d’un pays comme l’Afghanistan, font le tour du monde ; c’est la stupeur et l’humiliation pour des millions de tunisiens qui suivent avec inquiétude l’aggravation de la situation. Celle-ci finit par dégénérer en un affrontement très violent entre d’une part les groupes salafistes et d’autre part les forces spéciales de la police. Par ailleurs, aux assaillants se sont mêlés des casseurs des pillards qui ont profité de l’occasion pour s’attaquer à l’école américaine et se livrer à un pillage en règle.
Les dégâts humains sont lourds avec près d’une soixantaine de blessés répartis entre manifestants et forces de l’ordre et surtout quatre décès parmi les assaillants. Contrairement aux péripéties du fameux roman de Colleen McCullough, ces derniers n’ont pas eu besoin de se cacher pour mourir…
Moez Ben Salem
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