
La situation s’est aggravée, mardi 27 novembre, à Siliana où les affrontements entre des habitants et forces de sécurité ont fait 14 blessés dont 2 agents de sécurité qui ont été transportés au service des urgences de l’hôpital régional.
Selon Ali Kharroubi, médecin au service des urgences de l’hôpital, un des 14 blessés a été évacué vers l’un des hôpitaux de la capitale. « Son corps portait la trace d’une blessure qui pourrait provenir d’une balle en plastique ou quelque chose de similaire », a-t-il précisé.
De son côté, le secrétaire général de l’Union régionale du travail (URT) de Siliana, Nejib Sebti, a souligné que « les échantillons de douilles prouvent l’utilisation de balles tirées par des fusils à grenaille ». Il a ajouté que « les médecins de l’hôpital régional de Siliana ont pu extraire des échantillons de cette poudre chez un des blessés au niveau de l’œil ».
Une manifestation pacifique avait été organisée, mardi matin, à partir des locaux de l’URT de Siliana, vers le siège du gouvernorat, afin de demander le départ du gouverneur.
D’importants renforts des forces de sécurité se sont déployés devant le siège du gouvernorat.
La situation a dégénéré en affrontements, après une tentative de certains manifestations de pénétrer à l’intérieur du gouvernorat.
Des manifestants ont brisé totalement les vitres de la devanture du bâtiment et détruit le contenu et les équipements du poste de police mitoyen, avant d’y mettre le feu.
Dans l’objectif de maîtriser la situation, les forces de sécurité ont utilisé des bombes de gaz lacrymogène et les matraques pour disperser les manifestants qui se sont retirés vers le centre ville où ils ont brûlé des pneus et des palmiers tout au long de la rue de l’environnement reliant le siège du gouvernorat au district de la sécurité nationale de Siliana.
Les forces de sécurité se sont retirées totalement, par la suite, des environnements du gouvernorat de Siliana et se sont dirigés vers le district régional de la sécurité nationale, en vue d’empêcher les manifestants de l’atteindre, surtout que des informations faisaient état de la présence du gouverneur dans ses locaux.
Tard dans l’après-midi, les forces de sécurité continuaient à poursuivre et à disperser les manifestants qui leur faisaient face en jetant des pierres.

La présidence du gouvernement préoccupée par l’escalade
Suite à ces événements, la présidence du gouvernement s’est déclarée « préoccupée » par l’escalade de la violence dans le gouvernorat de Siliana, exprimant le « regret » de voir les protestations se transformer en hostilités envers les forces de l’ordre et en attaques contre les sièges de souveraineté et les biens publics.
« La présidence du gouvernement considère que les citoyens ont le droit de recourir aux moyens pacifiques et légaux pour exprimer leurs revendications et leurs attentes légitimes » mais rejette, toutefois, « l’usage de la force, la politique du fait accompli et la menace aux intérêts des citoyens », indique un communiqué du Premier ministère.
La présidence du gouvernement souligne qu’elle « continue à faire confiance aux autorités régionales » qui, estime-t-elle, « n’ont ménagé aucun effort pour exécuter les programmes et plans de développement pour accomplir les meilleures réalisations au profit du gouvernorat et améliorer le niveau de vie de ses habitants ».
Le communiqué appelle les habitants de Siliana au calme et à « déjouer les plans de ceux qui cherchent à créer les tensions et semer la discorde ».
TAP
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