
La Tunisie vit une période très difficile à cause du dérapage sécuritaire qui subsiste. Avant de parler d’une nouvelle constitution, d’une culture politique
ou encore d’élections, il s’agit tout d’abord de mettre fin au climat d’insécurité qui règne dans les rues de tunis et dans d’autres villes.
Bien que le couvre feu en vigueur depuis le 12 janvier 2011 soit levé en Tunisie, il n’en demeure pas moins que la Tunisie vit depuis la chute du régime Ben Ali et jusqu’au jour d’aujourd’hui un dérapage sécuritaire sans précédent.
Entre un gouvernement qui ferme les yeux sur des vols et actes de vandalisme pour faire plaisir à une frange du peuple et des médias qui veulent se racheter en s’acharnant sur les Ben Ali et compagnie, les bandes de voyous s’organisent de mieux en mieux et c’est le sentiment de puissance et d’impunité qui semble habiter plusieurs de ces délinquants.
Tout a commencé le jour du départ de Ben Ali, où des maisons appartenant aux familles Ben Ali et Trabelsi ont été pillées à la Soukra, Sidi Bou Said, la Marsa, etc par…les voisins ! La police le sait et connaît la majorité des voleurs et pourtant ces actes restent toujours impunis !!!
Personne n’ose dénoncer ces actes. Pire encore une chaîne tunisienne s’est même permis de commettre une infraction grave en accédant à une des maisons et interviewer une personne (ou plutôt un voleur) pour lui demander s’il s’agit de pièces archéologiques qui ont été retrouvées au jardin. D’ailleurs pendant cette interview nous pouvions apercevoir d’autres voleurs en arrière plan qui faisaient leur travail tranquillement.
En voyant que le ministère de l’Intérieur n’a toujours pas tiré la sonnette d’alarme et en écoutant le ministre dire que nos prisons ne peuvent pas contenir les 9500 prisonniers qui se sont évadés, beaucoup ont pris leur « courage » à deux mains pour se permettre, les jours suivant, de saccager des boutiques et des grandes surfaces. Mais bien sûr les forces de l’ordre n’interviennent toujours pas pour arrêter les malfrats.
En guise de rachat, les médias muselés depuis toujours en Tunisie, préfèrent quant à eux insulter à tout va des personnes pour lesquels ils éprouvaient un profond respect quelques jours auparavant ! Pour les actes de vandalisme et pour éviter d’irriter le peuple, les médias parlent de milices du RCD au lieu de parler de voleurs qui profitent de la situation !!
Au vu de l’impunité dont jouissent les voleurs et constatant que personne ne se souciait de dénoncer, avec force, les actes de vandalisme et les vols organisés, certains ont construit des maisons et des kiosques sur des terres domaniales, etc. Cerise sur le gâteau, il y en a même ceux qui ont squatté des logements sociaux et se sont permis après de manifester afin de demander de devenir propriétaire !!
Pendant ce temps Ghannouchi n’a jamais été tranchant. Ce monsieur a toujours tout accepté de la part des manifestants « qui ne représentent pas la majorité » selon lui. Pour faire plaisir à ces derniers, l’ex Premier ministre change la composition du Gouvernement. Il légitime un sit-in à la kasbah et accepte même d’emménager à Carthage pour ne pas déranger les « Mo3tasmines ».
Ce laisser-aller a fait germer des sit-in et manifestations un peu partout dans le pays ainsi que des écarts de langage dans les médias. Dernier en date, l’intervention faite, samedi 26 février 2011 dans la chaîne nationale, appelant à ce que l’on guillotine Ghannouchi !! Mais où va-t-on ?!
Après la démission du Premier ministre dimanche, certains préfèrent toujours parler de choix politique appelant au retour de Ghannouchi alors que d’autres cherchent des informations sur Caid Essebsi mais d’aucun ne se soucie du dérapage sécuritaire causé par la nonchalance et le laisser-aller du gouvernement qui a causé 5 décès samedi derniers outre les multitudes de commerces saccagés au centre ville faisant des milliers de chômeurs supplémentaires !!
Au risque d’en déplaire à certains, gouvernement, société civile et citoyens devront appeler au boycott des manifestations dans un pays où l’état d’urgence est encore maintenu et ce jusqu’à ce que le calme et la sécurité reviennent.
Avant de construire une démocratie, il serait peut-être préférable que l’on construise et que l’on réaménage des prisons pour y jeter les milliers de délinquants tunisiens qui demeurent impunis !! N’est pas une priorité ?
Par Mohamed Hamza Lakhoua
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