
Dans le cadre du séminaire du séminaire de recherche organisé par le réseau Théophraste en collaboration avec l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information (IPSI), le centre Africain pour la Formation des Journalistes et des Communicateurs (CAPJC) sous le thème «Le journalisme à l’épreuve de la liberté», une table ronde s’est tenue, mardi 20 novembre, avec la présence de plusieurs acteurs du paysage médiatique tunisien.
Cette table ronde a été dirigée par un groupe de journalistes professionnels qui ont mis l’accent sur leur pratique du métier du journalisme après la révolution du 14 Janvier.
Hedia Baraket, journaliste du journal La Presse a souligné que le journaliste est devenu trop accro à l’actualité tunisienne, ce qui explique l’importance accordée par le journal La Presse au travail de terrain soit pour collecter des informations ou même pour réaliser des interviews. Or, cette tentative n’est pas organisée. Elle est plutôt soumise à l’improvisation.
Selon Mme Baraket, les compétences existent mais il y a une absence de la culture du travail en équipe.
Elle ajoute que le journal «La Presse» souffre encore de la censure soit par le changement du titre de l’article ou le boycottage des articles soumis par certains journalistes ou même la mise en page.
Olfa Ben Hassine, journaliste à La Presse pense que «lorsque le journaliste maitrise les outils du journalisme, son champ d’action s’amplifie».
Mais, elle pense que la censure est pratiquée aussi par la société civile puisque les gens refusent, même après la révolution d’être interviewés sous prétexte qu’ils seront poursuivis soit par leur patron ou autres.
Selon Mme Ben Hassine, la liberté est une dynamique du groupe. Elle se construit par les journalistes et la société civile en même temps.
En ce qui concerne la radio, Samira Sai (journaliste de Radio Jeunes) a souligné l’absence de l’homogénéité au niveau de la même radio. Par contre, les journalistes de Radio Jeunes font un énorme travail de terrain soit dans la capitale ou même dans les régions.
Elle ajoute qu’il est nécessaire de bien répartir les rôles entre journalistes et animateurs pour que l’on aboutisse à un travail de qualité.
Sana Farhat (Le Temps) a mis l’accent sur la dernière affaire de Dar Assabah, signalant que depuis août 2012, cette maison d’édition a résisté face aux nominations du gouvernement.
Dans le journal Essabah, il existe un comité de rédaction sauf que les membres de ce comité ne sont pas d’accord. Ce qui risque, selon elle, de faire dévier le journal de sa ligne éditoriale. Elle pense ainsi qu’il y a des normes et des éthiques à respecter.
Chadia Kdhir (Télévision nationale) pense que la situation au sein de la Télévision nationale s’est développée depuis la révolution. Avant le 14 Janvier, les textes du journal de 20h se préparaient au palais présidentiel, mais aujourd’hui le journaliste de la télé nationale possède une marge de liberté au point qu’il peut choisir l’angle de son reportage ou de son interview sans aucune contrainte.
Résister pour y arriver
Mr Nouri Lajmi (enseignant à l’IPSI) a affirmé que les salles de rédactions souffrent de l’incompétence de certains journalistes puisqu’il s’agit des gens qui n’ont aucun lien avec le métier de journalisme.
Mais il s’agit d’un métier qui s’apprend tout les jours. Il suffit de pratiquer et d’apprendre quotidiennement de nouvelles formules pour développer ce métier.
Mr Habib Belaid (ex-directeur de l’établissement de la radio publique) pense que la responsabilité est partagée. Mais, il y a des efforts à faire au niveau du travail et de la formation. Il ajoute que les journalistes doivent oublier leur appartenance (notamment devant le micro).
Nouha Belaid
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