
Après la chute du régime Ben Ali, des voix se sont exprimées publiquement pour critiquer l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et son
Secrétaire Général, M. Abdessalem Jrad. Le N°1 de l’UGTT n’a pas non plus été épargné sur les réseaux sociaux où des vidéos ont été partagés montrant M. Jrad qui chante les louanges du président déchu ou qui applaudit les annonces de Ben Ali du 13 janvier.
Parallèlement à cette campagne anti-UGTT et anti-Jrad, la Tunisie a connu un pluralisme, non seulement politique, mais également au niveau du syndicalisme ouvrier qui a vu, depuis le 14 janvier 2011, la naissance de deux nouvelles centrales. Des syndicats qui ont une grande marge de manœuvre au vu du faible taux des salariés syndiqués du secteur privé (autour de 10%).
Et pour couronner le tout, il faut rappeler que la répression sous Ben Ali a fait que des militants politiques se sont «réfugiés» dans l’action syndicale avec l’UGTT pour pouvoir s’exprimer et qu’il n’est pas exclut qu’ils reviennent dans le giron de la politique en cette période transitoire.
Autant de raisons qui expliquent le revirement de l’UGTT. Un revirement qui s’est traduit par l’adoption à l’unanimité de La commission administrative de l’UGTT d’une déclaration laissant aux syndicalistes UGTT la liberté de se présenter aux élections de l’Assemblée Constituante sur des listes indépendantes ou sur des listes de partis politiques.
La déclaration de la commission administrative réaffirme l’appel de l’UGTT en vue d’élaborer une nouvelle Constitution soumise à référendum affirmant clairement l’identité arabo-islamique du peuple tunisien et les droits économiques et sociaux des travailleurs.
La centrale syndicale revendique, également, un régime fiscal équitable et un modèle de développement axé sur la promotion des zones intérieures et des catégories faibles ainsi que la révision du Code du Travail, du système éducatif et des régimes des retraites.
Mais la question qui se pose encore est la suivante: Est-ce que les Tunisiens souhaitent voir l’UGTT jouer un rôle politique ? Seul l’avenir nous le dira.
Bien qu’il ne s’agit pas de l’objet d’une organisation syndicale de s’immiscer dans la politique, on dira que cette décision peut être justifiée au regard de la situation exceptionnelle que traverse le pays.
Discussion about this post