La phase transitoire est parmi les étapes les plus difficiles que pourraient traverser les nations et le consensus demeure la condition pour garantir la réussite du processus démocratique en Tunisie.
C’est à ce titre que les partis représentés au sein de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique ont signé, en septembre 2011 (soit un mois avant les élections) le document baptisé « Déclaration du processus transitoire ».
Ledit document avait pour objectif de rassurer l’opinion publique, de dissiper les craintes de la société tunisienne quant aux prérogatives et surtout à la durée du mandat de la Constituante qui ne devait pas dépasser une année.
A l’exception du Congrès pour la République (CPR), les 11 autres partis représentés à l’instance Ben Achour, dont Ennahdha et Ettakatol, ont signé ce document et se sont engagés, moralement à respecter ses clauses.
A la surprise générale, le jour du vote, Ennahdha et Ettakatol n’ont pas considéré utile de tenir compte de l’amendement de l’article un de la mini-constitution ayant trait à la limitation de la durée des travaux de la constituante à une année !
Plusieurs députés de l’opposition ont fustigé ce qu’ils considèrent un « putch contre la démocratie » ajoutant « qu’au lieu de se mettre au travail au sein de la constituante en faisant fi de l’esprit partisan caractéristique des campagnes électorales, nous nous retrouvons devant une impasse baptisée Troika dont les membres se limitent à privilégier des intérêts partisans pour préserver l’unité de cette coalition. »
Dans les couloirs de la chambre des députés M. Issam Chebbi parle de « transaction politique » avant de dire que « certains élus ont voté sur instructions comme des militaires pour sauver la coalition tripartite ». Hors de lui, M. Chebbi ajoute que « cette coalition est sur le point de constituer un Gouvernement d’intérêt partisan et non d’intérêt national ».
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