
« La présidence de l’Assemblée nationale constituante (ANC) a estimé, mercredi 21 novembre, que le bilan de la première année de l’Assemblée est « globalement positif au regard de la complexité de la situation, du lourd legs de la dictature et des efforts consentis pour consacrer les traditions de consensus et de dialogue ».
Tel est le contenu du communiqué publié par la présidence de l’ANC qui célèbre, ce jeudi 22 novembre le premier anniversaire marquant le démarrage de ses travaux après les élections organisées le 23 octobre 2011. Dans ce communiqué, la présidence insiste toutefois « sur la nécessité de moderniser ses méthodes de travail, estimant que les travaux de l’Assemblée sont motivés par la nature de la mission à sa charge «que seul le peuple est habilité à évaluer et à en apprécier l’évolution et qui l’autorise à évaluer et à contrôler le rendement du gouvernement» ». « L’ANC a franchi des « pas importants » sur la voie de la principale mission qui lui est dévolue, celle d’élaborer la Constitution, outre son rôle législatif et de contrôle », souligne la présidence de l’ANC qui rappelle qu’une première version de la Constitution a été mise à la disposition des citoyens en août dernier avant d’en élaborer une deuxième mouture.
La présidence du gouvernement affirme dans la déclaration la volonté de « respecter le calendrier fixé sans lenteur calculée ni empressement inutile ».
Toutefois, un communiqué ne vaut ce qu’il vaut et exprime généralement l’avis de son auteur. Et le rythme suivi par les travaux de l’ANC n’indique en rien que tout sera bouclé d’ici 6 mois voire une année.
La dernière déclaration de Moncef Ben Salem, ministre de l’Enseignement supérieur, au journal «Akhbar Al Joumhouriya», se pose en totale contradiction avec les perceptions de l’ANC ou plutôt celles qu’elle veut bien communiquer aux Tunisiens. En déclarant qu’il n’est guère possible pour l’Assemblée Constituante d’achever la rédaction de la nouvelle Constitution dans un délai inférieur à un an à compter de maintenant, Ben Salem jette un pavé dans la mare et court-circuite l’ANC, instaurant un véritable climat de suspicion.
Ou bien est-ce l’ANC qui se veut irréaliste, plongeant dans des chimères qui lui valent toutes les remontrances. Le président Marzouki n’avait-il pas lancé, en véritable devin, que la rédaction de la Constitution nécessitera 3 ans ?!
A-t-il tord ou bien est-ce l’ANC qui nous cache bien des choses ?!
N’aurait-il pas été plus simple de confier cette Constitution à un groupe d’experts au lieu de la livrer en pâture à des députés plus enclins à se disputer qu’à faire avancer les débats ?! Du moins pour ceux qui daignent se rendre dans l’hémicycle. Car cette ANC, bien qu’allégée par l’absence de députés pourtant payés à prix d’or, semble porter un bébé bien plus gros qu’attendu. Une grossesse difficile, dira-t-on, mais cette grossesse arrivera-t-elle à terme ? Voilà la question que se posent les Tunisiens aujourd’hui, eux qui sont désormais blasés de voir les bancs vides de cette ANC ou de voir les Kassas et consort jacasser pour une virgule en laissant l’essentiel dans les tiroirs.
Entre le show des présents, le silence des absents et la difficile grossesse qui vaut à la nouvelle Constitution d’être « molestée », espérons que Marzouki et Ben Salem n’auront pas raison !
M.C.
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