Tunisie: les salariés et les retraités supportent près de deux tiers de l’impôt sur le revenu

Tunisie: les salariés et les retraités supportent près de deux tiers de l’impôt sur le revenu

Le président de la Chambre nationale des conseillers fiscaux du gouvernorat de Nabeul et membre de l’Union des experts fiscaux arabes, Bassem Azizi, a déclaré ce dimanche 11 janvier 2026 sur les ondes de Mosaïque FM que l’impôt sur le revenu prélevé sur les salaires, les traitements et les pensions de retraite représente à lui seul près de 66,5 % de l’ensemble des recettes fiscales de l’État.

Selon lui, les montants collectés à travers la retenue à la source sur les salaires et les pensions atteignent environ 9 060 millions de dinars, sur un total de 13 634 millions de dinars de recettes fiscales. En revanche, les autres catégories de contribuables — professions libérales, services, industrie et commerce — ne contribuent que pour 33,5 %, soit une part nettement inférieure.

Bassem Azizi a souligné que cette répartition met en évidence un déséquilibre profond dans la charge fiscale. Alors que les salariés et les retraités sont soumis à un prélèvement automatique, garantissant une collecte régulière et efficace, de larges segments de l’économie échappent encore partiellement à l’impôt, notamment dans les secteurs où les revenus ne sont pas directement prélevés à la source.

« Cette situation reflète un niveau préoccupant de fraude et d’évasion fiscales », a-t-il affirmé, précisant que les contribuables non soumis à la retenue directe bénéficient de marges importantes pour sous-déclarer leurs revenus. Résultat : le poids de l’impôt repose essentiellement sur les couches salariales et les retraités, qui constituent pourtant les catégories les plus vulnérables face à l’inflation et à la baisse du pouvoir d’achat.

Le conseiller fiscal a enfin appelé à une réforme en profondeur du système de contrôle fiscal, insistant sur la nécessité de mieux intégrer l’économie informelle et les professions indépendantes dans l’assiette de l’impôt, afin de rétablir l’équité et d’alléger la pression sur les salariés.

Votre commentaire