Venu se recueillir ce matin à Sidi Bouzid pour le deuxième anniversaire de la Révolution, le président de la République, M. Moncef Marzouki a eu droit à un accueil plutôt froid. Certains habitants de Sidi Bouzid l’ont accueilli avec des pierres et des huées.
M. Marzouki, accompagné de Mustafa Ben Jaafar, a déposé dans la matinée une gerbe de fleurs sur la tombe de Mohamed Bouazizi, qui s’était immolé par le feu le 17 décembre 2010 pour dénoncer les brimades policières et la pauvreté.
Le président a alors été « malmené » par les habitants de Sidi Bouzid. «Vous êtes venus il y a un an et vous aviez promis que les choses allaient changer sous six mois, mais rien n’a changé» a lancé un manifestant. «On ne veut pas de vous ici», s’est exclamé un autre.
M. Marzouki a répliqué que les autorités «n’avaient pas de baguette magique». Le chef de l’Etat a ensuite prononcé un discours devant la préfecture, là où Mohamed Bouazizi s’était immolé. Quelque deux à trois mille personnes étaient réunies sur cette place en milieu de matinée. Et la situation a fini par dégénérer.
Des manifestants ont jeté des pierres contre Marzouki et le président de l’Assemblée Nationale Constituante, M. Mustapha Ben Jaafar. Les jets ont commencé après un discours de M. Marzouki et alors que M. Ben Jaafar s’apprêtait à prendre la parole. Le service d’ordre a rapidement évacué les deux dirigeants.
En scandant «le peuple veut la chute du gouvernement», les manifestants ont aussi envahi le parvis sur lequel était montée la tribune où le chef de l’Etat s’était exprimé. Lorsque le président tunisien a pris la parole, une grande partie des 5.000 personnes réunies sur la place ont scandé «Dégage, dégage».
Copieusement sifflé, M. Marzouki a promis des progrès économiques sous six mois aux habitants de Sidi Bouzid. «Je comprends cette colère légitime, mais le gouvernement a diagnostiqué le mal. Dans six mois, un gouvernement stable sera en place et livrera les médicaments pour guérir le mal du pays», a-t-il déclaré. «Pour la première fois, nous avons un gouvernement qui ne vole pas le peuple», a-t-il encore dit, hué par les manifestants.(Afp)
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