Depuis quelques années, la prolifération des chiens errants dans la capitale tunisienne a atteint des proportions critiques, menaçant la sécurité des habitants et la santé publique. Ces animaux, souvent en meutes, n’épargnent désormais plus aucun quartier, augmentant le risque d’agressions et la transmission de maladies graves comme la rage.
Face à l’inefficacité des méthodes d’abattage traditionnelles effectuées par certaines municipalités, des voix s’étaient élevées pour des alternatives plus éthiques et durables (stérilisation, vaccination), souvent entravées par le manque de moyens.
Aujourd’hui, la situation nécessite une intervention coordonnée et urgente pour gérer cette population canine qui ne cesse de grandir. Et chaque semaine, des agressions ne cessent de se multiplier. Après l’agression le mois dernier d’un sexagénaire par une meute de chiens au Kram Est, qui a échappé de justesse au pire, suivie d’une autre agression récente d’une femme à la corniche de Hammam-Lif pendant qu’elle promenait son propre chien…voilà qu’une autre agression violente vient de toucher un citoyen du nom de Fares Landoulsi.
Ce dernier, visiblement traumatisé par cette morsure profonde, vient de lancer un cri d’alarme sur son compte Facebook. Il interpelle les autorités sur les dangers de ces chiens errants et appelle le Président de la République à « protéger notre droit de marcher en paix sur notre terre ».
Voici son texte:
« Monsieur le Président,
Je m’adresse à vous aujourd’hui non pas dans une démarche de contestation politique, mais en tant que citoyen, artiste, et voisin. Je suis Fares Landoulsi, acteur tunisien et international. Comme vous, je réside au quartier présidentiel de Carthage. J’ai choisi d’y vivre et d’y payer le prix fort pour la sérénité et le patrimoine que représente ce lieu historique.
Hier soir, alors que je rentrais à pied d’un rendez-vous professionnel à Salammbô profitant de ce plaisir simple de marcher dans les rues de Carthage que nous aimons tant l’impensable s’est produit. J’ai été sauvagement agressé par des chiens errants. Les morsures profondes que je porte aujourd’hui sont plus que des blessures physiques ; elles sont le stigmate d’une défaillance de notre État.
Depuis mon balcon, j’entends parfois les coups de feu. Monsieur le Président, abattre ces animaux n’est pas la solution. Cela me brise le cœur de voir cette violence, tout comme cela me brise le corps d’avoir subi cette attaque. Habiter le quartier présidentiel ne devrait pas être synonyme de peur, ni pour nous, ni pour les animaux qui y errent faute de prise en charge digne.
Ce soir, sans l’intervention vitale de l’Institut Pasteur, je risquais l’amputation. Ma jambe, mon outil de travail, mon autonomie ont été mis en péril en plein cœur de notre capitale.
La sécurité des Tunisiens, la protection de notre environnement et le traitement éthique des animaux sont entre vos mains. Ce n’est pas à l’artiste de trouver les solutions techniques, mais à l’État de veiller sur nous tous. La situation est devenue infernale et indigne de la Tunisie que nous chérissons.
Monsieur le Président, vous êtes la personne la mieux placée pour agir. Protégez-nous. Protégez notre droit de marcher en paix sur notre terre.
Aidez-nous »
Le citoyen Fares Landoulsi


