Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu hier après-midi, lundi 10 août, à la plage d’Essalem, à Gabès, où il a pris connaissance de la situation environnementale dans la région. Vidéo
Le chef de l’État a souligné que ce qui s’est produit l’année dernière ne devait pas se reproduire cette année, insistant sur le caractère national de la question environnementale. Il a estimé que Gabès avait payé un lourd tribut en raison notamment de la situation du complexe chimique, affirmant que certains avaient envisagé de « mettre le complexe à terre avant de le vendre à vil prix ».
Selon le président de la République, cette démarche s’inscrit dans une logique qui remonte à 2011, voire à une période antérieure. Il a affirmé à ce propos que « nos entreprises et nos établissements publics ne sont pas à vendre et ne doivent pas faire l’objet de cessions ».
Kaïs Saïed a également insisté sur la volonté du peuple tunisien de « démanteler la corruption » et de garantir une justice équitable. Il a souligné que Gabès, qui dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel composé de montagnes, de plages et d’oasis, figure parmi les villes les plus durement touchées.
La ville est, selon lui, victime non seulement de la pollution environnementale, mais également d’une « pollution politique ».
Le chef de l’État a ajouté que le peuple tunisien veut, et qu’il est en droit d’exiger, un environnement sain, débarrassé de toutes les souillures et de toutes les formes de pollution, au sens propre comme au sens figuré.
Dans ce contexte, Kaïs Saïed a affirmé que les unités industrielles polluantes ne seront pas remises en service. Seules les unités ayant fait l’objet de travaux de réparation pourront fonctionner, afin de garantir aux habitants de Gabès un environnement sain, « leur droit naturel et légitime ».
« Les habitants de Gabès ont fait barrage »
Le président de la République a également salué la mobilisation des habitants de Gabès, estimant qu’ils avaient constitué « un rempart infranchissable » face à ceux qui voulaient exploiter les souffrances de la population.
Selon lui, les habitants ont déjoué les projets de ceux qui cherchaient non seulement à se débarrasser du complexe chimique, mais également à « attiser les divisions et la discorde ».
« Ce qu’ont fait nos concitoyens à Gabès, l’histoire l’écrira en lettres d’or », a-t-il affirmé.
Kaïs Saïed a par ailleurs réaffirmé que la lutte contre la pollution constitue une question d’intérêt national et que le travail se poursuit quotidiennement pour suivre l’évolution de la situation environnementale.
L’objectif, a-t-il déclaré, est de faire de la Tunisie « une Tunisie verte et éclatante partout, telle que la veulent les Tunisiennes et les Tunisiens ».
Le chef de l’État s’est ensuite rendu au siège du gouvernorat de Gabès, où il s’est entretenu avec le gouverneur et plusieurs députés de la région.
Il a affirmé que le pays menait « une guerre sur tous les fronts », estimant que tant que le peuple tunisien conservera ce niveau de conscience, « tous les plans et toutes les conspirations se briseront contre un rempart infranchissable : le peuple tunisien ».

