Le baril en quête de pétroliers, notre gaz préfère le pipeline -1-

Par Mahjoub Lotfi Belhedi, Stratège en réflexion IA
Imaginez un instant le silence pesant sur nos avenues, non pas celui d'un dimanche après-midi apaisé, mais celui, bien plus inquiétant, d'une panne sèche nationale. Si un embrasement venait à déchiqueter le ciel iranien, la secousse ferait trembler chaque pompe à essence du Grand Tunis jusqu'aux confins du Sahara, car l’hydrocarbure est une onde de choc mondiale qui ne connaît pas de frontières.
Pourtant, au milieu de ce chaos énergétique prévisible, la Tunisie dispose d'une bouée de sauvetage unique, presque viscérale : ce cordon ombilical d'acier qui nous relie aux gisements algériens.
Alors que le détroit d'Ormuz se transformerait en goulot d'étranglement, faisant s'envoler les prix du baril vers des sommets vertigineux, notre salut viendrait de la terre ferme, de cette fraternité stratégique qui nous lie à Alger. Le gaz qui alimente nos centrales électriques et fait tourner nos usines ne traverse pas les océans, il coule sous nos pieds, protégé par des décennies d'accords de bon voisinage que même les tempêtes géopolitiques les plus violentes peinent à ébranler.
C'est dans cette intimité géographique que se joue notre résilience, transformant une dépendance de proximité en une armure contre la volatilité des marchés internationaux.
Bien sûr, personne ne prétend que nous sortirions indemnes d'une telle déflagration, puisque l'inflation est une bête féroce qui dévore tout sur son passage. Mais là où d'autres nations verraient leur économie s'effondrer par manque total de ressources, la Tunisie pourrait compter sur ce "traitement de faveur" tacite, ce privilège du premier cercle que l'Algérie accorde à son voisin le plus proche.
Certes, en période de guerre, la logistique devient une arme, et posséder une source d'approvisionnement terrestre, insensible aux blocus maritimes, est un luxe inestimable qui nous permettrait de garder la tête hors de l'eau pendant que le reste du monde cherche désespérément son souffle.
A suivre !
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