Quand un mariage entre une militante RN de 76 ans et un Tunisien de 35 ans sans papiers embrase un village français

Quand un mariage entre une militante RN de 76 ans et un Tunisien de 35 ans sans papiers embrase un village français

À 76 ans, Danielle Perret n’imaginait sans doute pas que son histoire d’amour deviendrait un symbole national mêlant immigration, politique et passions idéologiques. Militante engagée du Rassemblement national, elle a pourtant défié son propre camp en se battant pour épouser Fadi Laraifa, un Tunisien de 35 ans, en situation irrégulière et visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Le 29 mars dernier, malgré une vive opposition locale et politique, le couple se dit « oui » à la mairie de Montpont-en-Bresse, en Saône-et-Loire. Une cérémonie hors norme : à la sortie de la mairie, point de félicitations ni de riz lancé, mais des huées, des cris et une foule hostile. La maire de la commune, Anne Trontin, qui avait tenté de faire obstacle à l’union, peine à contenir son émotion.

Un mariage qui divise profondément

La raison de cette agitation est triple. D’abord, l’écart d’âge : plus de quarante ans séparent les époux. Ensuite, la situation administrative de Fadi Laraifa, arrivé illégalement en France et sous le coup d’une OQTF assortie d’une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF). Enfin, l’engagement politique de Danielle Perret, figure locale du RN, deux fois candidate aux élections départementales, qui rend l’affaire encore plus explosive.

Très vite, les soupçons de « mariage blanc » se multiplient. La maire Anne Trontin, appuyée par le député Éric Michoux (UDR, allié du RN), saisit le procureur de la République, Patrice Guigon, quelques jours avant la cérémonie. Pour ses détracteurs, cette union ne serait qu’un moyen détourné d’obtenir des papiers.

Quitter la France pour mieux y revenir

Malgré le mariage, la loi s’applique. En juin, Fadi Laraifa quitte la France pour se conformer à son OQTF, condition indispensable pour espérer un retour légal. Une séparation douloureuse mais stratégique. Comme l’avait annoncé l’ancien préfet de Saône-et-Loire, Yves Séguy, le respect de cette obligation ouvrait la voie à une possible levée de l’IRTF.

Promesse tenue. Le 19 décembre 2025, le nouveau préfet abroge officiellement l’interdiction de retour. Une décision clé : Fadi Laraifa peut désormais engager une demande de visa long séjour en tant qu’époux d’une Française.

Une attente éprouvante entre la France et la Tunisie

Pour Danielle Laraifa, née Perret, c’est un immense soulagement. Séparée de son mari depuis des mois, elle a fait le voyage jusqu’en Tunisie entre novembre et début décembre. Un déplacement éprouvant pour la septuagénaire, qui confie la difficulté du trajet en raison de son handicap, mais aussi la douleur de vivre une relation conjugale à distance.

Aujourd’hui, l’espoir renaît. Mais l’histoire continue de diviser. Entre respect du droit, soupçons persistants et contradictions politiques, ce mariage pas comme les autres reste un révélateur des tensions françaises autour de l’immigration, de l’amour et de l’identité. Un feuilleton humain et politique dont le dernier chapitre n’est sans doute pas encore écrit.

Source: Le Journal de Saône-et-Loire

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