Cisjordanie : le cabinet israélien intensifie « le plan d’annexion », la présidence palestinienne condamne

Cisjordanie : le cabinet israélien intensifie « le plan d’annexion », la présidence palestinienne condamne

 

Le cabinet israélien a approuvé dimanche 8 février des décisions qui entraîneront de profonds changements dans l’administration et l’enregistrement des terres en Cisjordanie occupée, approfondiront le plan d’annexion et permettront la démolition des bâtiments appartenant à des Palestiniens dans la zone A.

Ces décisions, poussées par le ministre de l’Armée israélienne Yisrael Katz et le ministre des Finances Bezalel Smotrich, visent à étendre considérablement le colonialisme, de sorte que leur abolition soit associée à des complications juridiques.

L’une de ces décisions, selon les médias israéliens qui ont vu la décision, concerne la levée du secret du registre foncier en Cisjordanie, qui sera ouvert et permettra de voir les noms des propriétaires fonciers et de les approcher directement pour les acheter.

Les décisions que le cabinet ratifiera contredisent l’accord d’Hébron de 1997, et que le gouvernement Netanyahu cherche à mettre en œuvre un plan pour annexer la Cisjordanie occupée avant les élections qui se tiendront en octobre prochain, selon leur date officielle.

Une autre décision appelle à l’adoption d’une loi qui abolit l’interdiction de vendre des terres en Cisjordanie aux non-Arabes, supprime l’obligation d’approuver un accord immobilier et permet aux colons d’acheter des terres personnellement et pas seulement par le biais d’entreprises, et abolit l’exigence actuelle selon laquelle les Juifs en général et les colons en particulier achètent des biens immobiliers, leur permettant ainsi d’acheter des terres librement et sans procédures bureaucratiques.

Les autorités d’occupation transféreront les pouvoirs de délivrer des permis pour les bâtiments dans la ville d’Hébron, y compris la mosquée Ibrahimi, de la municipalité d’Hébron à l’unité « Administration civile » de l’armée d’occupation, qui est sous la responsabilité de Smotrich, et cette décision conduira à l’expansion de l’avant-poste de la colonie à Hébron et videra l'« accord d’Hébron » de son contenu.

L’avant-poste colonial d’Hébron sera transformé en une autorité locale indépendante, et cela s’appliquera à la mosquée Bilal bin Rabah de Bethléem, qui sera séparée de la municipalité de Bethléem par la création d’une « direction de l’autorité locale », et ainsi "la zone sera annexée à Israël".

La Présidence palestinienne a condamné ces décisions qu’elle considère comme « dangereuses » Elle les considère comme la poursuite de la guerre totale menée par le gouvernement d'occupation contre le peuple palestinien et comme une escalade sans précédent visant la présence palestinienne et ses droits nationaux et historiques sur l'ensemble du territoire palestinien, en particulier en Cisjordanie occupée.

La Présidence a mis en garde contre la gravité de ces décisions, qui constituent la mise en œuvre concrète des plans d'annexion et de déplacement. Ces décisions violent également tous les accords signés entre l'Organisation de libération de la Palestine et Israël, ainsi que le droit international et les résolutions de la légitimité internationale, et constituent une violation flagrante des accords d'Oslo et de l'accord d'Hébron.

Elles représentent une tentative manifeste d'Israël de légitimer la colonisation, le vol de terres et la démolition des biens des citoyens palestiniens, même dans les zones sous souveraineté palestinienne.

La présidence palestinienne a également mis en garde contre les dangers de toute atteinte aux lieux saints islamiques et chrétiens, déclarant que toute empiètement sur la mosquée d'Ibrahim et tout transfert d'autorité sur celle-ci sont totalement inacceptables.

Elle a souligné que les autorités occupantes sont seules responsables des attaques incessantes contre les lieux saints, visant à attiser les tensions, notamment à l'approche du mois sacré du Ramadan.

La présidence a affirmé que ces décisions illégitimes et illégales sont nulles et non avenues, ne sauraient conférer aucune légitimité à quiconque et n'auront aucun effet juridique. Le droit international rejette sans équivoque toute activité de colonisation, toute tentative d'annexion et tout déplacement de population sous quelque prétexte que ce soit.

La Présidence palestinienne a appelé la communauté internationale, et notamment le Conseil de sécurité et plus particulièrement l'administration américaine, à intervenir immédiatement et à prendre des mesures concrètes pour stopper ces dangereuses décisions israéliennes, qui menacent tous les efforts internationaux visant à apaiser la situation et à désamorcer les tensions dans la région.

En conclusion, la Présidence palestinienne a affirmé que le peuple palestinien et ses dirigeants légitimes, représentés par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), poursuivront leur lutte pour défendre leur terre et leurs droits, et ne permettront pas la mise en œuvre de ces plans.

La Présidence a également affirmé que l'État de Palestine sera établi comme un État libre, indépendant et pleinement souverain dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, sa capitale éternelle.

Votre commentaire